mercredi, 10 juin 2009

De l'heure de l'endorphine

Prenez un jour de boulot au hasard.

Tiens, un jour qui commencent avec une liste de profs absents longues comme le bras et 20 élèves de 5e5 dans le CDI. A 8 heures, à peine accouchée de la salle des profs, sous les dernières gouttes de pluie.

Un jour qui a déjà commencé un peu plus tôt avec une prémonition de migraine, là, dès le révéil. C'est aussi sûr que si c'était écrit dans ton horoscope : ce soir, elle sera là. Là, à l'heure où tu rentres et que tu jettes ton sac sur le canap' avant de t'y avachir sans grâce.

Un jour qui, c'est prévu depuis longtemps, doit s'achever bien plus tard que d'habitude avec l'inauguration d'une exposition de travaux d'élèves (Allez, tous en coeur : O^^oh, c'est bo^^o !), des parents qui courent partout, des petits frères et petites soeurs qui s'infiltrent de tous les côtés (j'aime pas les enfants !).

Un jour qui se déroule, forcément, au gré des perm' surchagées avec, comme par hasard, les pires élèves du bahut, ceux dont on entend parler (en mal, hein) depuis le début d'année mais qu'on n'a jamais vu, qui se découvrent une passion subite pour le CDI et ses bandes dessinées. Vous voyez, les élèves qui sont jamais venu avant, sauf peut-être une fois où ils ont été obligé parce que le cours se déroulait là, mais qui se sont empressés d'oublier où étaient la porte d'entrée. Comment ça les surveillants se déchargeraient des cas sociaux sur ma pomme ? Mais non, même pas sous l'excuse que sinon ils vont en taper un et que toi, au pire, tu pleures, t'es pas du genre à taper.

Un jour où, ras la casquette, tu ne consultes personnes pour fermé exceptionnellement à la récréation de l'après-midi, parce que sinon tu vas en mordre un, tiens, Kevin, celui qui a commencé à jouer au jeu des pets et qui s'est offusqué quand tu lui a mis deux heures de colle après 3 rappels à l'ordre.

 

Alors, en salle des profs, tu prends d'assaut la mal nommée machine à café et tu te paie un chocolat chaud, tant pis si la machine a tous les risques de te bouffer ta pièce de 2 euros, tant pis si le lait en poudre n'est pas toujours bien délayé, tant pis si en vrai c'est d'une tablette de crunch entière dont tu rêve.

 

Et là, le prof d'SVT rentre derrière toi, glisse une pièce dans la machine puis s'assoit à côté de toi, son gobelet à la main. Et, avisant le contenu identique de ton petit verre en plastique il te lance :

"- Ah, toi aussi.

- C'est l'heure du chocolat.

- Hum. Besoin d'endorphine."

Alors, comme il n'y a rien à ajouter, vous acquiessez, lentement, de concert et de la tête.

samedi, 28 mars 2009

Lis et fais passer

carte de visite jpg.jpg

Je suis toujours un peu absente mais j'ai mis un autre projet un route qui me prend pas mal de temps : un blog de passe-livre

==> http://lit-et-fais-passer.over-blog.com

En français, on parle de "passe-livre", de "livre voyageur" ou de "libérez un livre". Des expressions qui cherchent à traduire l'anglais "BookCrossing", à l'origine du phénomène.

Le principe est simple : on lit un livre et on le libère en le laissant dans un lieu public afin qu'il continue son chemin et rencontre un autre lecteur.

A son tour, ce lecteur devra laisser ce livre reprendre son voyage une fois qu'il l'aura lu, et ainsi de suite.

Un site internet permet de suivre le cheminement du livre. Il existe plusieurs site officiel de passe livre et de book crossing, en français, en anglais, et je suppose encore dans une foule d'autres langues. Je pourrais me contenter d'utiliser un de ces sites. J'ai choisi d'en créer un...

Je vous raconte pourquoi en cliquant ici

Je vous invite à vous joindre à moi en cliquant là.

 

samedi, 21 mars 2009

Clic

Ce n'est pas que je ne lis plus, mais je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment. Je vous propose un petit jeu de photos, pour changer. Cette semaine, mes élèves ont dû mettre les 10 mots de la semaine de la francophonie dans des poèmes. Du coup, j'ai essayé de les mettre dans mon appareil photo.



Ailleurs

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Capteur


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Clair de Terre


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Clic


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Compatible


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Désirer


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Génome


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Pérenne

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Tranformer

 

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Vision

 

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lundi, 02 mars 2009

MALTE, Marcus. De poussière et de sang : que renaissent les légendes.

de poussière et de sang.jpgMALTE, Marcus. De poussière et de sang : que renaissent les légendes. Pocket Jeunesse, 2007, 283 p.

 

Mosquito est le fils du gouverneur d'une région peuplé de bandits et de criminels, assez justement surnommé "le Ventre du Diable". Lors de l'attaque de la diligence de son père, il est enlevé par une bande de hors-la-loi.

La vie va alors changer du tout au tout pour lui. La Baronne, l'étonnante cuisinière de la troupe, le prend sous son aîle. Rebaptisé Mosquito, le garçon va gagner sa place au sein de cette quasi tribu, à la tête de laquelle règne Bandit, un chef impitoyable.

D'aventure en épreuve, il devient un homme.

Un homme amoureux de la jeune Paloma, si belle et si mystérieuse.

 

De poussière et de sang comporte deux parties. La première, Bandit, a été publiée en 2005. Sauf erreur de ma part, la deuxième partie, intitulée L'Arbre aux pendus, n'a jamais été publiée seule.

 

On est ici dans le roman initiatique par excellence qui suit le schéma (classique mais avec subtilité) de l'épreuve qui fait souffrir puis grandir le personnage avant qu'une nouvelle épreuve ce présente, qui fait de nouveau souffrir et grandir etc.

Mosquito est arraché à son monde et doit survivre dans un univers totalement différent, où la violence et la mort règnent et peuvent surgir à tous moments. Il vit dorénavant dans une insécurité permanente, avec le risque de perdre à tout moment ce qu'il a ou une des personnes qui l'entourent. D'abord, il ne s'intégre pas vraiment aux groupes des hors la loi, cultivant l'espoir d'être sauvé. Puis cette espoir laisse place à une sinistre vérité - personne ne viendra plus le chercher - et à un désir brulant de vengeance contre Bandit. Mais petit à petit, le garçon devient l'un d'entre eux et quand l'occasion de fuir et de retrouver sa vie d'avant se présente, il fait le choix de rester.

Le récit se fait à la première personne mais des années après. On comprend rapidement que le narrateur est maintenant sur la fin de sa vie. Il raconte donc cette expérience, de son propre point de vue, mais avec du recul. Mais il ne raconte pas "sa vie chez les bandits", il raconte l'histoire de l'amour de sa vie, qui se trouve correspondre exactement à la même période.

Le personnage de Paloma est un des plus mystérieux. Elle est beaucoup plus jeune que tous les autres hors la loi de la troupe, à peine plus vieille que Mosquito. Pourtant, elle n'a pas l'air d'être là pour suivre quelqu'un, une mère, un père., un homme. Elle semble très indépendante. Elle a sa propre vision du monde et le pouvoir de "parler" avec les chevaux. On ne sait quasiment rien d'elle jusque dans les dernières pages du livre. Et là encore, il faut en lire une partie entre les lignes.

 

J'ai aimé :

- les personnages secondaires qui ont tous une histoire, un parcours, une aventure personnelle, qui ne sont pas là par hasard, qui ont tous un sacré caractère.

- les décors et l'ambiance "western" (car même si ce n'est jamais dit, on devine qu'on est dans le Sud des Etats Unis du 19e siècle).

- être du côté des méchants. ;-)

J'ai moins aimé :

- les longueurs

- les interventions du narrateur. Il annonce encore et encore que l'histoire se termine sur un malheur (ça va, on a compris qu'elle va mourrir).

- Je trouve finalement dommage qu'on en sache autant sur la vie "d'avant" du narrateur. On n'en sait peu (on n'a pas son nom par exemple, seulement celui que lui donneront les bandits) mais quand même trop pour le laisser complétement de côté.

 

Public : il faut être déjà bon lecteur, à cause de l'écriture, du style et du rythme. En 3e au collège, dans toutes les classes au lycée.

 

Propositions de descripteurs motbis : Etats-Unis / conquête de l'Amérique / violence / banditisme / adolescence / amour / amitié / 19e siècle / cheval / arme / conflit armé / militaire / armée / western / initiation /

samedi, 28 février 2009

GRENIER, Christian. Mercredi mensonge. Bayard jeunesse, "MilleZime", 2004, 143 p.

mercredi mensonge.jpgGRENIER, Christian. Mercredi mensonge. Bayard jeunesse, "MilleZime", 2004, 143 p.

Isabelle est fille unique. Elle n'a pas encore 16 ans, rentre en 3e, est secrétement amoureuse de son meilleur ami, vit avec ses parents dans un petit appartement de banlieue parisienne et a un grand-père : Papy Constant.

Tous les mercredi sans exception, Papy Constant rend visite à son fils, sa belle-fille et sa petite fille. Il arrive à midi précise, boit son café, écoute un peu de musique et part à midi et demi tapante. Rien en peut perturber ce rituel hebdomadaire.

Deux grands événements vont bouleverser cet équilibre : Vivien, le père d'Isabelle, est muté à Lyon et Marine, sa mère, apprend qu'elle est enceinte.

Sans consulter Isabelle, ils décident de déménager à Lyon. Mais pour ne pas perturber le grand-père, vieux et malade, ils décident de ne rien lui dire. Toute la famille s'enferme alors dans un cycle de mensonges et de machinations pour continuer d'acceuillir Papy Constant, chaque mercredi, dans leur ancien appartement.

 

Il est difficile de rendre justice à ce livre dans un résumé. Il y a deux personnages principaux : Isabelle, narratrice à la première personne, et Papy Constant.

D'une part, on a ce rituel du mercredi que la famille d'Isabelle va maintenir à tout prix, s'enfermant dans un mensonge qui devient de plus en plus gros. A la base, il s'agit de protéger le grand-père. Au final, on lui cache l'arrivé d'un nouveau petit fils pour ne pas avoir à lui avouer qu'il vit à des centaines de kilomètres de chez lui.

En parallèle de cela, Isabelle essaie de se construire. Elle souffre de l'habitude familiale d'en dire de moins possible et de garder tout pour soi. Elle découvre la grossesse de sa mère et n'ose pas poser les questions. Pourquoi cet enfant ? Est-ce un accident ? Ses parents l'avaient-ils voulu ? Elle ne veut pas quitter sa vie actuelle, son grand-père et surtout, Jonathan, son meilleur ami dont elle est amoureuse depuis si longtemps. Mais personne ne lui demande son avis ni ne pense même à lui expliquer ce qui a été décidé. Ses parents l'ignorent complétement. Elle déteste la situation, souffre de devoir mentir à son grand-père. Elle va finalement vivre son histoire d'amour, mais en secret et à distance.

 

Ce livre parle aussi de la vie dans ses différents stades : naissance du bébé, adolescence et premier amour d'Isabelle, la vie d'adulte actif des parents avec ses responsabilités et ses difficultés, la vieillesse de Papy Constant, puis sa mort.

Cette chronique familiale sobre est très touchante. En moins de 150 pages mais sans pour autant se précipiter, ou laisser de temps mort, elle fait réfléchir sur les rôles et la place de chacun au sein d'une famille. On n'y donne pas de leçon ni de recette miracle. L'écriture est agréable, le rythme bien dosé.

 

Collège et lycée, élèves et profs, le sujet touche tous les âges, tous les publics, l'écriture facile à lire mais de bonne qualité permet de le mettre entre toutes mains.

 

Propositions de descripteurs motbis : adolescence / personne âgée / vieillissement / famille / relation parent-enfant / relation grand-parent-enfant / naissance / petite enfance / amitié / amour / jalousie / mensonge / mort : biologie / France / vie / vie familiale / vie quotidienne

+ en mot-clé : déménagement

jeudi, 26 février 2009

MONTARDE, Hélène. Océania tome 1 : La prophétie des oiseaux.

Océania.gifMONTARDE, Hélène. Océania tome 1 : La prophétie des oiseaux. Rageot, 2007, 331 p.

Flavia vient tout juste de féter ses 16 ans. Suite à la disparition de ses parents, elle a été élevée au bord de l'océan Atlantique par son grand père. Celui-ci est un des rares Guetteurs qui existent encore. Il connait le langage de l'océan, des oiseaux et a appris à Flavia à les observer. Et leurs observations ne sont guère rassurantes : depuis quelques années, il n'y a aucun doute, l'océan monte de manière dangereuse et irreversible. L'Europe entière est menacée. Le seul pays au monde étant protégé sont les Etats-Unis qui ont devancé la montée des eaux en construisant un immense digue qui préserve leurs côtes. Mais les Etats-Unis ont décidé de fermer leurs frontières.

Ce roman d'anticipation se déroule sur trois volumes et je n'ai lu que le premier. Je poste donc une critique qui ne concerne que ce que j'ai lu.

Je n'ai pas eu un véritable coup de coeur pour ce livre mais pour autant, il a pas mal de qualités. On se situe dans un futur proche qui ressemble tout à fait à notre monde actuel (à part quelques nouveautés technologiques).

A priori, ce roman veut mettre en garde contre le réchauffement climatique et promouvoir le besoin de sauvegarder la planète avant qu'il soit trop tard. Mais au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, la leçon se complique. Il ne s'agit plus seulement de protéger la planète mais aussi de protéger les connaissances scientifiques que l'humanité a accumulées, de mettre en commun les savoirs de tous, dans tous les pays, de coordonner nos actions avant qu'il soit trop tard.

Mais encore, une fois qu'on arrive sur le territoire américain, la situation n'est pas celle que l'on attend. On évoque d'abord la censure de l'information et sa manipulation (les américains sont maintenus dans l'ignorance totale de ce qui se passent ailleurs, les journaux payant n'existent plus, l'information est contrôlée par les grands groupes qui financent les médias). Puis le contrôle du territoire, la situation des clandestins, les abus de la police... Entre les lignes, on découvre un pays sous contrôle, une population dont la liberté est factice.

On a même le droit à une critique des jeux télévisés au tout début de l'histoire quand Flavia participe à une version deguisée du "Maillon faible" pour gagner sa place sur le dernier paquebot qui se rend en Amérique.

L'action avance très vite, on ne s'ennuit pas. D'un rebondissement à un retournement de situation, il y a peu de temps de pause. Les chapitres sont courts, découpés en plus en plusieurs parties. Même les plus petits lecteurs ne peuvent pas s'ennuyer.

En résumé :

- j'aime : la "morale" de l'histoire qui tente de faire réfléchir mais sans être lourd ; une histoire qui tourne autour de la mer, des bâteaux, des oiseaux marins, qui ne prétend pas que chaque individu peut faire des miracles mais qu'on peut commencer par se poser et observer ce qui nous entoure ; l'aventure qui avance bien et garde le rythme.

- j'aime moins : le personnage principale trop lisse, trop "bonne petite fille", systmétiquement généreuse, prête à aider, à se sacrifier, à aller au bout d'elle même, qui n'a jamais une pensée de travers... Elle est totalement prévisible, ne doute jamais ou presque, fait ce qu'on attend d'elle, ce qu'il faut, quand il faut. De même pour les autres personnages, excepté le Capitaine Blunt qui reste mystérieux et énigmatique.

 

On vise les 5e/4e, essentiellement filles puisqu'on a affaire à une héroïne.

proposition de descripteurs motbis : Réchauffement de la terre / déséquilibre écologique / milieu marin / océan Atlantique / oiseau de mer / aventure : voyage / ouvrage maritime / éducation à l'environnement / développement durable / censure / liberté de la presse / totalitarisme / gestion de l'environnement / frontière / réfugié / migration de population / violation des droits de l'homme / exil / 21e siècle / voilier / transport maritime / amour / adolescence / navigateur / scientifique

 

Je viendrai compléter ceci quand j'aurais lu la suite. Mais si quelqu'un lit ceci (ce dont je commence à douter...) et a lu la suite, j'accueillerai volontier un complément !

 


 



mardi, 24 février 2009

SWINDELLS, Robert, Sans abri

sans abri.jpgSWINDELLS, Robert, Sans abri, Gallimard Jeunesse, « Scripto »

Link a 15 ans et s'entend très mal avec le nouveau compagnon de sa mère. D'une dispute à l'autre, il finit par quitter la maison et part vivre à Londres, dans la rue. Refuge, lui, est reformé de l'armée. Il doit réussir à se réadapter au monde des civiles et voue une haine à l'égard des SDF. Leurs deux histoires se déroulent d'abord en parallèle puis finissent par se croiser si bien que l'un des deux risques d'y laisser la vie.

Un vrai coup de coeur pour ce texte qui racontent l'histoire de deux personnes exclues de la société malgré elles. Il conduit à faire réfléchir le lecteur. Aucun de ses personnages n'a cherché à être dans sa situation, aucun ne le mérite, et aucun des deux ne peux vraiment s'en sortir. D'ailleurs, ils ne s'en sortent pas... En ce sens, la fin est dure. Même si Link survie, c'est avec la perspective de rester SDF.

On s'attache beaucoup à Link et avec les ados, le phénomène d'identification fonctionne très bien (ce qui lui arrive pourrait vraiment arriver à tout le monde).

Le mode de narration avec les deux points de vue est très réussi et donne beaucoup de vie à l'Histoire. Les deux récits se répondent de plus en plus. Les questions posés par l'un trouve une réponse chez l'autre. On comprend rapidemment que les deux personnages vont finir par se rencontrer et on se régale à apprendre comment, sans qu'aucune des deux histoires ne s'appauvrissent à suivre l'autre. Et le suspense qui emmaille le récit de Refuge ne gache rien.

 

Proposition de descripteurs motbis : adolescence / sans-abri / exclusion sociale / squat / logement / meurtre / violence / militaire / amour / journalisme...

dimanche, 22 février 2009

Fiches de lecture : Fred Vargas

Une nouvelle fiche coup de coeur : les polars de Fred Vargas.

Je ne suis pas une grande adepte des polars. Et pourtant, ceux là, je les adore. Je crois que j'ai lu tout Vargas. Tous les policiers en tout cas. Ses enquêtes sont toujours un peu tordues parce que ses enquêteurs sont atypiques. Ils fonctionnent à l'instinct, remarquent toujours des choses que personne d'autre n'aurait vu.
Elle dresse des portraits physiques et psychologiques d'une grande finesse et soigne tous ses personnages y compris les personnages secondaires. Il n'y a que chez Vargas qu'on peut trouver un homme dont la profession est Crieur, annonçant les nouvelles deux fois par jour sur une place parisienne (exemple parmi tant d'autres).
Finalement, on prend tellement de plaisir à les voir évoluer que, par moment, on en oublie presque l'enquête. Le dénouement de celle-ci nous surprendra surement. Peut-être Fred Vargas nous laissera-t-elle en anticiper quelques éléments mineurs mais jamais vous n'arriverez à deviner les tenants et les aboutissants avant qu'elle se décide à vous les donner. Pourtant, elle donne toujours tous les éléments qui nous permettraient de trouver. Mais il faudrait réussir à tous les pécher, d'une ligne à l'autre, au détour d'un dialogue, quelque part dans une description beaucoup plus large.

On se régale des anecdotes et des références culturelles et scientifiques dont on s'enrichit sans qu'on s'en aperçoive. Parce que tantôt, l'indice est liée à l'étymologie d'un nom, tantôt, à la mythologie ou une légende, ou encore, découvert par un spécialiste en archéologie...

On ne sort pas inchangé de la lecture d'un Fred Vargas.


Il n'est pas indispensable de les lire dans l'ordre parce que chaque enquête est "autonome". Par contre, les personnages reviennent et on les voit évoluer, par série.

Ainsi, on découvre les 3 évangélistes (Marc, homme de ménage le jour, médiéviste la nuit, Lucien, spécialiste de la Première Guerre Mondiale, et Mathias, le chasseur-cueilleur spécialisé dans la Préhistoire) dans  Debout les morts et on les retrouve dans Un peu plus loin sur la droite et Sans feu ni lieu au côté de l'enquêteur Kehlweiler, celui qui transporte Bufo, son crapaud de compagnie dans sa poche.

Et si je ne me trompe pas, on rencontre Jean-Baptiste Adamsberg, Camille et Danglard dans L'Homme aux cercles bleus, et on le suit dans L'Homme à l'envers, Pars vite et reviens tard, Sous les vents de Neptune et Dans les bois éternels, ainsi que dans Coule la Seine un recueil de trois nouvelles policiers (dont deux ont également été publiée chez Librio sous le titre Salut et liberté).
Dans les bois éternels donne une part plus importante à ce qui s'est passé précédemment, notamment dans Sous les vents de Neptune et il vaut mieux le lire après ce dernier.

On peut lire Les Jeux de l'amour et de la mort (son premier roman qui est selon moi le moins bon. Ce qui ne veut pas dire mauvais !) et Ceux qui vont mourir te saluent de manière indépendante.


Pour qui ?
Je dirai plutot nos élèves de lycée que ceux du collège. Et pour les profs !

Quoi acheter pour le CDI ?
ça dépend combien on en prend.

Si on en veut qu'un, on peut aller vers Ceux qui vont mourir te saluent, vers le premier "Adamsberg" (L'Homme aux cercles bleus) ou le premier "Evangelistes" (Debout les morts).

Sinon... Et bien, soit ces trois là (découverte de l'univers de Vargas), soit les 3 avec les Evangélistes, soit encore, quelques Adamsberg (en évitant d'avoir Dans les bois éternels sans avoir Sous les vents de Neptune et en ayant le premier).

Pars vite et reviens tard a été adapté au cinéma il peut donc tenter les élèves qui l'auront vu.
Sous les vents de Neptune a fait l'objet d'un téléfilm en 2 ou 3 volets (je ne sais plus), sur France télévision. Donc même chose.
L'Homme à l'envers se passe dans le parc naturel du Mercantour et aborde la polémique sur la réintroduction des loups dans les montagnes. Un peu plus loin sur la droite, lui, commence à Paris mais nous conduit très rapidement en Bretagne. On veillera peut-être à les avoir dans des établissement de ces régions.

Et on n'oubliera surtout pas dans glisser un dans notre sac pour les vacances. ;-)

vendredi, 20 février 2009

JAOUEN, Hervé, Mamie mémoire

mamie mémoire.jpgJAOUEN, Hervé, Mamie mémoire, Gallimard Jeunesse, 2002, 217 p., "Scripto"

Véro a 13 ans et une grand mère qu'elle adore. Quand celle-ci vient s'installer chez eux suite à un petit accident qui a failli réduire sa maison en cendres, Véro accepte même de lui céder sa chambre. Mamie ne peut plus vivre seule. Parce que, depuis quelques temps, Mamie oublie, perd des petits objets, s'égare. Et ça ne va faire qu'empirer. Le verdict du médecin n'est guère encourageant : Alzheimer.

Ce roman est très touchant. Il est raconté à la première personne par l'adolescente mais c'est le combat de toute une famille qu'on suit. Un combat perdu d'avance contre une maladie qui ne fera qu'empirer. Mais parents et enfants se lancent dans la lutte contre cette progression avec courage et ingéniosité, imrpovisant jour après jour pour trouver des réponses aux nouvelles lubies de la grand mère malade. Quitte à rentrer chez soi en criant joyeusement que c'est l'Armistice par exemple...

On découvre tous les aspects de la maladie et non pas d'un point de vue médicale comme dans un documentaire, mais du point de vue de l'entourage de la malade, comme on le vivrait tous avec un grand parent dans ce cas.

Je pense que ça se lit dès le collège (5ème) mais qu'on peut continuer à l'avoir en lycée parce que le thème peut toucher à tout âge.

 

proposition de descripteurs motbis : relation grand-parent-enfant / famille / trouble de la mémoire / maladie d'Alzheimer / adolescence... qu'est-ce que j'oublie ?

lundi, 16 février 2009

MURAIL, Marie Aude, Oh ! Boy !

oh boy.jpgMURAIL, Marie Aude, Oh ! Boy !, L'école des Loisirs, "Medium", 2000

Venez que je vous présente la fratrie Morlevent. Venise a 5 ans, est craquante, aime tout le monde qui lui rend bien. Morgane a 8 ans, n'est ni jolie ni remarquable. D'ailleurs, on l'oublie régulièrement. Siméon, lui, a 14 ans, les yeux marrons. Et il est surdoué.
Dans leur vie, les tragédies s'enchaînent. D'abord, leur père est parti sans laisser de traces. Et surtout,  depuis quelques minutes, leur mère est morte. Mais les trois Morlevent se sont fait un "jurement" : on ne les séparera pas.
C'est alors qu'entre en scène deux Morlevent de plus : une demi-soeur antipathique et un demi-fère tout ce qu'il y a de moins mature mais qui gagne rapidement le coeur de ces enfants. Il va falloir que l'un d'eux prennent en charge les trois orphelins. Oh, un détail encore : ces deux là se détestent.
Alors quand au milieu de tout cela s'ajoute une juge qui perd toute objectivité et une assistante sociale qui craque pour le frère aîné qui s'avère être homosexuel, le cocktail est détonant.


Ce livre est un petit bijou. L'histoire est tragique et pourtant, qu'est-ce qu'on rit ! Marie Aude Murail traite cette tragédie avec beaucoup d'humour sans rien épargner à ses personnages qui finissent tous chez le psy (!) Elle aborde ainsi la question de la mort et de la perte d'un parent ainsi que celle de la fratrie et de l'appartenance à une famille en fonction de son sang ou de son histoire avec une légéreté bienvenue. L'écriture est très agréable, entre les repliques sèches et efficaces de Siméon et les "Oh! Boy!" désemparé de Barthélémy, le frère aîné. A glisser entre toute les mains.

 

Propositions de descripteurs motbis : adolescence / enfance / orphelin / relation entre jeunes / fratrie / adoption / leucémie / cancer / chimiothérapie / hôpital / maladie / suicide... et il doit y en avoir un paquet d'autres...