jeudi, 27 novembre 2008

GUTMAN, Colas, Journal d'un garçon

gutman.jpgGUTMAN, Colas, Journal d'un garçon, Ecole des loisirs, "Medium", 2008

Pour Paul, rien n'est facile en ce moment. Il vient d'entrer en seconde, il n'a pas le look qu'il faut, son père semble avoir honte de lui, sa mère n'est plus qu'une série de brèves conversations téléphoniques depuis l'étranger, sa belle-mère est enceinte, son beau-frère dort dans la même chambre que lui et parle tout seul, sa sœur l'ignore quand ils se croisent au lycée, et surtout, il est fou amoureux de Lisa, la plus belle fille du lycée et élève de Terminale.


Une histoire horrible ? Absolument pas ! Le journal de Paul est bourré d'humour. Le père ne jure que par les survêtements, la belle-mère ne cuisine que des gratins et en a presque fait un sacerdoce, le beau-frère prononce à voix haute tout ce qui lui passe par la tête, et les situations cocasses se multiplient. Paul raconte lui même tout ce qui lui arrive, essayant de se donner le beau rôle, "distant, mais classe" comme il aime à le répéter.

C'est léger, c'est rigolo, ça se lit tout seul.

mercredi, 26 novembre 2008

PATERSON, James, Maximum Ride : opération Angel, , Hachette, 2008

Maximum Ride.pngPATERSON, James, Maximum Ride Tome 1 : opération Angel, , Hachette, 2008

Maximum Ride ou Max pour les intimes est l'ainée agée de 14 ans d'une fratrie de 6 enfants/adolescents mutants dotées chacun d'une force surhumaine, d'une paire d'ailes et, pour certains, de quelques autres pouvoirs étonnants (savoir lire dans les pensées, influencer les gens...) : Fang (trois mois de moins que Max), Iggy (13 ans), Nudge (11 ans), le Gasman (8 ans) et Angel (6 ans).

Ils se sont enfuit de l'Ecole, le laboratoire où ils ont été conçus, il y a quelques années. Ils ont vécu tranquillement dans une maison isolée. Mais un matin, ils subissent une attaque surprise des terribles Erasers, des Hommes-Loups qui travaillent pour l'Ecole. Après une lutte acharnée, les Erasers s'en vont et emporte Angel avec eux.

Les 5 autres membres de la fratrie se promettent alors de tout faire pour sauver Angel.


Voilà un livre qui n'a surement pas besoin de moi pour bien se vendre. D'autant qu'un film est prévu pour 2010 par le producteur de X-men, les 4 fantastiques, etc.

 

Le début m'avait l'air cousu de fil blanc. Les 6 petits mutants élevés au système D par leur ainée, le personnage principale de l'ado qui voudrait vivre la vie de tout ado normal et faire des cookies avec sa maman le week end mais qui ne peut pas parce qu'elle porte de lourdes responsabilités... Ici, c'est une paire d'ailes, mais on a déjà rencontré des milliers de fois le personnage de l'adolescent complexé par une différence, quelle qu'elle soit, qui rève d'être comme les autres.

So, au bout des premiers chapitres, on se dit "Ok, ils partent à trois pour sauver Angel, les deux qui restent doivent protéger la maison, ils vont attaquer l'Ecole à trois, échouer, les deux autres vont les rejoindre, ils vont attaquer l'Ecole à cinq, réussir, récupérer Angel et le livre sera plié".

Ben en fait, non. Si on retrouve assez régulièrement le fil blanc et les clichés (les méchants sont méchants et le chef des méchants et très méchants, les scientifiques de l'Ecole sont cruels et considèrent Angel comme un animal de laboratoire, le presque père adoptif des enfants est en fait un traître, etc), on s'en éloigne quand même beaucoup.

Au final, on a un roman qui ne casse pas trois pâtes à un canard mais dans lequel on rentre facilement. L'Histoire avance à toute vitesse avec plus d'une centaine de chapitre très courts (3/4 pages) et de l'action à volonté (voir au-delà). Un peu trop sans doute car dans le dernier tiers, les ressorts commencent à s'user (je n'ai pas compté les attaques surprises des Erasers suivies d'un combat, d'une fuite, puis du questionnement auquel on n'aura jamais de réponse dans ce tome : comment font-ils pour les retrouver ?).

Quête des origines, thême de la confiance trahie, de la différence, de la tolérance, de la dignité humaine... Il y a tout de même tout ça dans ce roman de science fiction qui peut effrayer les petits lecteurs par son épaisseur mais qui se lit pourtant très facilement.

Ce n'est pas à avoir absolument mais ça peut valoir le coup. Pour voir faire une meilleure idée, vous pouvez même lire les premiers chapitres en ligne : http://www.maximumride.fr/premiers_chapitres.php

KUIPERS, Alice, Ne t'inquiète pas pour moi

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KUIPERS, Alice, Ne t'inquiète pas pour moi, Albin Michel Jeunesse, 2008

Claire a 15 ans et vit seule avec sa mère divorcée qui est médecin dans un hopital. Emploi du temps compliqué, lycée, baby sitting, des amies, un père, un nouveau petit copain pour l'une, un planning de gardes et des urgences imprévisibles pour l'autre, la mère et la fille se voient peu et communiquent par petits mots sur le frigo. Listes de courses, réclamation sd'argent de poche, recommandations affectueuses, et petit à petit un quotidien "plan plan" qui se dessine. Jusqu'à ce que la maladie touche la mère.



Le postulat est très intéressant et la mise en pratique, franchement réussie. On n'a que les petits mots du frigo. Des fois, ce ne sont que quelques mots, des phrases incomplètes, d'autre fois, ce sont des lettres. On apprend par allusion tout ce qui est fait et dit en dehors. La fatigue de la mère, puis un rendez-vous à l'hopital. Le cancer n'est nommé que très tard dans le livre, quand on l'a compris. La récidive, les examens... Jusqu'à ce que la mère annonce qu'elle rentre à l'hopital pour se reposer quelques jours et qu'on nous offre une lettre d'adieu de la fille à sa mère morte comme dernier chapitre.

La lecture de ce livre ne peut pas être passive. Il faut forcément jouer de déductions et de suppositions pour comprendre tout ce qui se passe. Ceci en rend la lecture un peu difficile aux plus jeunes. Mais cette conversation à distance livrée toute crue, sans analyse quelle qu'elle soit, sans commentaire d'un narrateur, touche forcément le lecteur.

dimanche, 23 novembre 2008

Autobiographie d'une courgette, PARIS, Gilles, Autobiographie d'une courgette,


Autobiographie d'une courgette.jpgPARIS, Gilles, Autobiographie d'une courgette, J'ai lu, "Roman", 2002, 232 p.

Courgette s'appelle Icare mais il n'y a que la maîtresse qui utilise ce nom. Courgette, il veut tuer le ciel parce que sa mère dit que les malheurs viennent de là haut. Sa mère, elle parle surtout à la télé. Des fois elle lui dit "Attention, derrière toi espèce d'idiot !". Mais des fois aussi, elle lui dit "Amène moi une canette fraiche", et ça, ça veut dire que Courgette doit lui apporter une bière du frigo. Courgette, il essaie de tuer le ciel avec le pistolet qu'il a trouvé dans les affaires de sa mère mais elle veut le lui reprendre le coup part tout seul. Courgette, il n'a pas tué le ciel mais maintenant, sa mère est comme les poupées toutes molles qu'on voit dans les films policiers. Alors Courgette va vivre aux Fontaines, avec d'autres enfants, surtout des comme lui qui n'ont pas de parents. Là bas, il y a Simon, Amhed, Alice, Béatrice, Jujube, les frères Chafouin et, surtout, Camille. Puis il y a les zéducateurs, la directrice qu'il faut appeler Geneviève alors qu'elle s'appelle Madame Papineau, le juge Clerget, Madame Colette la psychologue, le gendarme Raymond. Mais surtout, il y a la vie, enfin.


Les mots d'un garçon de 9 ans qui rapporte souvent les paroles des autres sans les comprendre. Ce livre retrace le parcours de ces enfants malmenés par les vies sans misérabilisme aucune. Les enfants nous renvoient nos conneries d'adultes en pleine face par leur regard critique et pertinent et entre les lignes se dessinent la complexité des cas de ces enfants, de leurs familles. Des histoires qui sonnent justes, une horreur sur laquelle on ne s'attarde pas, tout occupé qu'on est à suivre la reconstruction de ces jeunes, leurs victoires, leur nouvelle vie.
On s'attache à l'équipe et aux personnages. A lire. A relire. Et à poser sur une étagère du CDI. En collège comme en lycée.

samedi, 22 novembre 2008

Parle-t-on la même langue ?

Morceaux choisis de copies de 6e, orthographe d'origine :

 

Question : Que signifient les initiales CDI ?

Réponses :

- Centre documentaire instantané

- Sentre douriontasion et da fourmasions

- les centres des invomatiques

- Centre documenteur informatique

 

Question : Qu'est qu'une cote et à quoi sert-elle ?

Réponse dans un français impeccable :

- Une cote sert à indiquer les livres où ils sont

- A se repérer à l'endroit est le chiffre.

Ou encore :

- La cote c'est les 3 premières lettres de l'auteur et il sert à le retrouver plus facilement dans le CDI [à trouver qui ? L'auteur ?]

- une cote et quelque chose qui sert à savoir quel tipe de livre c'est

 

Donner les définitions des mots suivants :

Fiction :

- quelque chose de fiction qui est basé sur des fes [faits, je suppose] réel

- C'est quelque chose d'imaginaire qu'on invente comme les extraterrestres

 

Documentaire :

- Qui donne des informations sur la vie de quelqu'un (animaux)

- Un documentaire peur par les de pleusuere jouse [j'ai décrypté ainsi : un documentaire peut parler de plusieurs choses]

- Un documentaire sert à se documenter

- C'est une information où il apprend aux gens les choses

 

Périodique :

- C'est un magazine qui vient

- Un livre qui parle d'une grande période. Exemple : le Seconde guerre mondiale

 

Est-ce qu'il y a un livre intitulé "le Medecin Malgré Lui" au CDI ?

- Livre Molière

Et je vous passe les questions commençant par "Combien y'a-t-il de... " dont la réponse est oui ou non...

 

Et vous ? Vous sauriez y répondre à mes questions ?

jeudi, 20 novembre 2008

Je grève, tu grèves, nous grévons

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Filmolux

Filmolux : n. m., Nom de marque désormais employé couramment par les documentalistes pour désigner tous types de films transparents autocollants. But premier : protéger les livres de tous types de dégradations (pliures, décoloration, usures du temps, tâches de toutes origines, morsures, léchouilles, gribouillages, attentats).

Après manipulation précautionneuse, nous sommes en mesure d'affirmer que le filmolux est à l'origine d'un certain nombre de phénomènes inexpliqués tel que les bulles, les cloques, les plis, ainsi que l'adhérence franche et ferme au plateau du bureau, autres morceaux de filmolux, surfaces papiers résidant à proximité, mais l'union toute relative avec la couverture de l'ouvrage à protéger. En vieillissant, le filmolux permet également aux volumes ayant séjourner un certains temps sur les rayonnages de s'entre-ventouser. En découle le besoin impérieux de glisser un doigt prudent entre l'ouvrage désiré et ses voisins au risque de voir venir, sinon, une bonne partie du contenu de l'étagère avec le document souhaité.

mercredi, 19 novembre 2008

LEPINE, Estelle, Demain l'année prochaine

Pour commencer, pour créer une première catégorie et parce que cela va de soi, parlons lecture. J'adore lire et c'est comme ça que je suis venue à ce métier, par le livre. Je n'ai découvert la part de pédagogie de ce travail qu'après avoir décidé de passer le concours, et ça n'a rien gaché !

Je vais donc tenter de faire régulièrement des critiques de livres, sans prétention aucune. Je pense me concentrer sur mes coups de coeur. Et si j'ai le temps, sur le reste.

Je commence avec une de mes dernières lectures conseillers par une copine libraire.

 

lepinedemain.jpgLEPINE, Estelle, Demain l'année prochaine, Seuil Jeunesse, "Chapitre", 128p.

En cette fin d'été, à neuf jours de la rentrée, Mélanie (bientôt 13 ans) attend avec impatience le retour de sa grande soeur Léna, partie trois semaines en colonie de vacances. Elle a hâte de retrouver leur complicité, leurs jeux et leurs confidences. Mais la Léna qui revient n'est plus la même. Renfermée, boudeuse, solitaire, Mélanie ne reconnaiî plus sa soeur. Tout en gérant une situation familiale complexe (une mère qui travaille beaucoup, un père au chômage qui passe ses journées entières sur Internet à la recherche d'un emploi, un petit frère dont elle s'occupe presque seule), Mélanie cherche à comprendre ce qui a pu arriver à sa grande soeur pendant ces trois semaines de vacances.


Un récit à la première personne qui traite de l'adolescence avant tout. Mélanie a bientôt 13 ans et des préoccupations de fille de son âge : le garçon sur lequel elle craque et à qui elle n'ose pas parléer la honte de ses fesses qu'elle trouve trop grosse, ses règles qui arrivent pour la première fois. En trois semaines de colonie, Léna, elle, est tombée amoureuse, a pris sa première cuite, a bravé des interdits. En parallèle, elles doivent assumer une situation familiale difficile. Mélanie accepte sans se plaindre d'aider à la maison, elle s'occupe de son petit frère, participe beaucoup au ménage, prépare les repas pour tout le monde. Léna, elle, se rebelle contre cette situation qu'elle juge anormale. Les parents ne savent plus comment s'y prendre : la mère enchaine les heures supplémentaires pour pouvoir faire vivre la famille, le père s'enlise dans sa recherche d'emploi et dans ce qui ressemble à une dépression même si elle n'est jamais nommée comme telle. Ils tatonnent et ne savent pas forcément comment s'y prendre avec leurs filles.

On a à faire à une chronique familiale très réussie qui interroge sur la place de chacun au sein d'une famille et d'une fratrie. L'égoïsme de Léna est mis en parallèle avec l'altruisme de sa jeune soeur pour qu'on comprenne qu'il s'agit de trouver un juste milieu à ces comportements. Tous les adolescents peuvent se reconnaitre dans l'un ou l'autre des personnages.

La fin assez ouverte ne donne pas de recette miracle. Le livre cherche plutôt à faire réfléchir et mets en avant les difficultés qu'il faut surmonter.

Premier pas

Aïe !

Aïe pour la première note, le premier post, les premiers mots. Aïe parce que c'est à la foi le post le plus excitant et le plus difficile à écrire. Et pour ajouter à mon embarras, je suis censée expliquée une idée, un projet qui n'est même pas encore vraiment clair dans ma tête.

Allons, voyons.

Commençons par le début. Je suis professeur-documentaliste néo-titulaire et j'exerce dans un collège d'un peu plus de 500 élèves, dans une zone difficile mais qui n'est pas classée ZEP ni Zone sensible.

Voilà. C'est de là que partira ce blog.

Et comme il y a mille définitions de mon métier, je vous propose d'en faire le tour en quelques liens :

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