samedi, 28 février 2009

GRENIER, Christian. Mercredi mensonge. Bayard jeunesse, "MilleZime", 2004, 143 p.

mercredi mensonge.jpgGRENIER, Christian. Mercredi mensonge. Bayard jeunesse, "MilleZime", 2004, 143 p.

Isabelle est fille unique. Elle n'a pas encore 16 ans, rentre en 3e, est secrétement amoureuse de son meilleur ami, vit avec ses parents dans un petit appartement de banlieue parisienne et a un grand-père : Papy Constant.

Tous les mercredi sans exception, Papy Constant rend visite à son fils, sa belle-fille et sa petite fille. Il arrive à midi précise, boit son café, écoute un peu de musique et part à midi et demi tapante. Rien en peut perturber ce rituel hebdomadaire.

Deux grands événements vont bouleverser cet équilibre : Vivien, le père d'Isabelle, est muté à Lyon et Marine, sa mère, apprend qu'elle est enceinte.

Sans consulter Isabelle, ils décident de déménager à Lyon. Mais pour ne pas perturber le grand-père, vieux et malade, ils décident de ne rien lui dire. Toute la famille s'enferme alors dans un cycle de mensonges et de machinations pour continuer d'acceuillir Papy Constant, chaque mercredi, dans leur ancien appartement.

 

Il est difficile de rendre justice à ce livre dans un résumé. Il y a deux personnages principaux : Isabelle, narratrice à la première personne, et Papy Constant.

D'une part, on a ce rituel du mercredi que la famille d'Isabelle va maintenir à tout prix, s'enfermant dans un mensonge qui devient de plus en plus gros. A la base, il s'agit de protéger le grand-père. Au final, on lui cache l'arrivé d'un nouveau petit fils pour ne pas avoir à lui avouer qu'il vit à des centaines de kilomètres de chez lui.

En parallèle de cela, Isabelle essaie de se construire. Elle souffre de l'habitude familiale d'en dire de moins possible et de garder tout pour soi. Elle découvre la grossesse de sa mère et n'ose pas poser les questions. Pourquoi cet enfant ? Est-ce un accident ? Ses parents l'avaient-ils voulu ? Elle ne veut pas quitter sa vie actuelle, son grand-père et surtout, Jonathan, son meilleur ami dont elle est amoureuse depuis si longtemps. Mais personne ne lui demande son avis ni ne pense même à lui expliquer ce qui a été décidé. Ses parents l'ignorent complétement. Elle déteste la situation, souffre de devoir mentir à son grand-père. Elle va finalement vivre son histoire d'amour, mais en secret et à distance.

 

Ce livre parle aussi de la vie dans ses différents stades : naissance du bébé, adolescence et premier amour d'Isabelle, la vie d'adulte actif des parents avec ses responsabilités et ses difficultés, la vieillesse de Papy Constant, puis sa mort.

Cette chronique familiale sobre est très touchante. En moins de 150 pages mais sans pour autant se précipiter, ou laisser de temps mort, elle fait réfléchir sur les rôles et la place de chacun au sein d'une famille. On n'y donne pas de leçon ni de recette miracle. L'écriture est agréable, le rythme bien dosé.

 

Collège et lycée, élèves et profs, le sujet touche tous les âges, tous les publics, l'écriture facile à lire mais de bonne qualité permet de le mettre entre toutes mains.

 

Propositions de descripteurs motbis : adolescence / personne âgée / vieillissement / famille / relation parent-enfant / relation grand-parent-enfant / naissance / petite enfance / amitié / amour / jalousie / mensonge / mort : biologie / France / vie / vie familiale / vie quotidienne

+ en mot-clé : déménagement

jeudi, 26 février 2009

MONTARDE, Hélène. Océania tome 1 : La prophétie des oiseaux.

Océania.gifMONTARDE, Hélène. Océania tome 1 : La prophétie des oiseaux. Rageot, 2007, 331 p.

Flavia vient tout juste de féter ses 16 ans. Suite à la disparition de ses parents, elle a été élevée au bord de l'océan Atlantique par son grand père. Celui-ci est un des rares Guetteurs qui existent encore. Il connait le langage de l'océan, des oiseaux et a appris à Flavia à les observer. Et leurs observations ne sont guère rassurantes : depuis quelques années, il n'y a aucun doute, l'océan monte de manière dangereuse et irreversible. L'Europe entière est menacée. Le seul pays au monde étant protégé sont les Etats-Unis qui ont devancé la montée des eaux en construisant un immense digue qui préserve leurs côtes. Mais les Etats-Unis ont décidé de fermer leurs frontières.

Ce roman d'anticipation se déroule sur trois volumes et je n'ai lu que le premier. Je poste donc une critique qui ne concerne que ce que j'ai lu.

Je n'ai pas eu un véritable coup de coeur pour ce livre mais pour autant, il a pas mal de qualités. On se situe dans un futur proche qui ressemble tout à fait à notre monde actuel (à part quelques nouveautés technologiques).

A priori, ce roman veut mettre en garde contre le réchauffement climatique et promouvoir le besoin de sauvegarder la planète avant qu'il soit trop tard. Mais au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, la leçon se complique. Il ne s'agit plus seulement de protéger la planète mais aussi de protéger les connaissances scientifiques que l'humanité a accumulées, de mettre en commun les savoirs de tous, dans tous les pays, de coordonner nos actions avant qu'il soit trop tard.

Mais encore, une fois qu'on arrive sur le territoire américain, la situation n'est pas celle que l'on attend. On évoque d'abord la censure de l'information et sa manipulation (les américains sont maintenus dans l'ignorance totale de ce qui se passent ailleurs, les journaux payant n'existent plus, l'information est contrôlée par les grands groupes qui financent les médias). Puis le contrôle du territoire, la situation des clandestins, les abus de la police... Entre les lignes, on découvre un pays sous contrôle, une population dont la liberté est factice.

On a même le droit à une critique des jeux télévisés au tout début de l'histoire quand Flavia participe à une version deguisée du "Maillon faible" pour gagner sa place sur le dernier paquebot qui se rend en Amérique.

L'action avance très vite, on ne s'ennuit pas. D'un rebondissement à un retournement de situation, il y a peu de temps de pause. Les chapitres sont courts, découpés en plus en plusieurs parties. Même les plus petits lecteurs ne peuvent pas s'ennuyer.

En résumé :

- j'aime : la "morale" de l'histoire qui tente de faire réfléchir mais sans être lourd ; une histoire qui tourne autour de la mer, des bâteaux, des oiseaux marins, qui ne prétend pas que chaque individu peut faire des miracles mais qu'on peut commencer par se poser et observer ce qui nous entoure ; l'aventure qui avance bien et garde le rythme.

- j'aime moins : le personnage principale trop lisse, trop "bonne petite fille", systmétiquement généreuse, prête à aider, à se sacrifier, à aller au bout d'elle même, qui n'a jamais une pensée de travers... Elle est totalement prévisible, ne doute jamais ou presque, fait ce qu'on attend d'elle, ce qu'il faut, quand il faut. De même pour les autres personnages, excepté le Capitaine Blunt qui reste mystérieux et énigmatique.

 

On vise les 5e/4e, essentiellement filles puisqu'on a affaire à une héroïne.

proposition de descripteurs motbis : Réchauffement de la terre / déséquilibre écologique / milieu marin / océan Atlantique / oiseau de mer / aventure : voyage / ouvrage maritime / éducation à l'environnement / développement durable / censure / liberté de la presse / totalitarisme / gestion de l'environnement / frontière / réfugié / migration de population / violation des droits de l'homme / exil / 21e siècle / voilier / transport maritime / amour / adolescence / navigateur / scientifique

 

Je viendrai compléter ceci quand j'aurais lu la suite. Mais si quelqu'un lit ceci (ce dont je commence à douter...) et a lu la suite, j'accueillerai volontier un complément !

 


 



mardi, 24 février 2009

SWINDELLS, Robert, Sans abri

sans abri.jpgSWINDELLS, Robert, Sans abri, Gallimard Jeunesse, « Scripto »

Link a 15 ans et s'entend très mal avec le nouveau compagnon de sa mère. D'une dispute à l'autre, il finit par quitter la maison et part vivre à Londres, dans la rue. Refuge, lui, est reformé de l'armée. Il doit réussir à se réadapter au monde des civiles et voue une haine à l'égard des SDF. Leurs deux histoires se déroulent d'abord en parallèle puis finissent par se croiser si bien que l'un des deux risques d'y laisser la vie.

Un vrai coup de coeur pour ce texte qui racontent l'histoire de deux personnes exclues de la société malgré elles. Il conduit à faire réfléchir le lecteur. Aucun de ses personnages n'a cherché à être dans sa situation, aucun ne le mérite, et aucun des deux ne peux vraiment s'en sortir. D'ailleurs, ils ne s'en sortent pas... En ce sens, la fin est dure. Même si Link survie, c'est avec la perspective de rester SDF.

On s'attache beaucoup à Link et avec les ados, le phénomène d'identification fonctionne très bien (ce qui lui arrive pourrait vraiment arriver à tout le monde).

Le mode de narration avec les deux points de vue est très réussi et donne beaucoup de vie à l'Histoire. Les deux récits se répondent de plus en plus. Les questions posés par l'un trouve une réponse chez l'autre. On comprend rapidemment que les deux personnages vont finir par se rencontrer et on se régale à apprendre comment, sans qu'aucune des deux histoires ne s'appauvrissent à suivre l'autre. Et le suspense qui emmaille le récit de Refuge ne gache rien.

 

Proposition de descripteurs motbis : adolescence / sans-abri / exclusion sociale / squat / logement / meurtre / violence / militaire / amour / journalisme...

dimanche, 22 février 2009

Fiches de lecture : Fred Vargas

Une nouvelle fiche coup de coeur : les polars de Fred Vargas.

Je ne suis pas une grande adepte des polars. Et pourtant, ceux là, je les adore. Je crois que j'ai lu tout Vargas. Tous les policiers en tout cas. Ses enquêtes sont toujours un peu tordues parce que ses enquêteurs sont atypiques. Ils fonctionnent à l'instinct, remarquent toujours des choses que personne d'autre n'aurait vu.
Elle dresse des portraits physiques et psychologiques d'une grande finesse et soigne tous ses personnages y compris les personnages secondaires. Il n'y a que chez Vargas qu'on peut trouver un homme dont la profession est Crieur, annonçant les nouvelles deux fois par jour sur une place parisienne (exemple parmi tant d'autres).
Finalement, on prend tellement de plaisir à les voir évoluer que, par moment, on en oublie presque l'enquête. Le dénouement de celle-ci nous surprendra surement. Peut-être Fred Vargas nous laissera-t-elle en anticiper quelques éléments mineurs mais jamais vous n'arriverez à deviner les tenants et les aboutissants avant qu'elle se décide à vous les donner. Pourtant, elle donne toujours tous les éléments qui nous permettraient de trouver. Mais il faudrait réussir à tous les pécher, d'une ligne à l'autre, au détour d'un dialogue, quelque part dans une description beaucoup plus large.

On se régale des anecdotes et des références culturelles et scientifiques dont on s'enrichit sans qu'on s'en aperçoive. Parce que tantôt, l'indice est liée à l'étymologie d'un nom, tantôt, à la mythologie ou une légende, ou encore, découvert par un spécialiste en archéologie...

On ne sort pas inchangé de la lecture d'un Fred Vargas.


Il n'est pas indispensable de les lire dans l'ordre parce que chaque enquête est "autonome". Par contre, les personnages reviennent et on les voit évoluer, par série.

Ainsi, on découvre les 3 évangélistes (Marc, homme de ménage le jour, médiéviste la nuit, Lucien, spécialiste de la Première Guerre Mondiale, et Mathias, le chasseur-cueilleur spécialisé dans la Préhistoire) dans  Debout les morts et on les retrouve dans Un peu plus loin sur la droite et Sans feu ni lieu au côté de l'enquêteur Kehlweiler, celui qui transporte Bufo, son crapaud de compagnie dans sa poche.

Et si je ne me trompe pas, on rencontre Jean-Baptiste Adamsberg, Camille et Danglard dans L'Homme aux cercles bleus, et on le suit dans L'Homme à l'envers, Pars vite et reviens tard, Sous les vents de Neptune et Dans les bois éternels, ainsi que dans Coule la Seine un recueil de trois nouvelles policiers (dont deux ont également été publiée chez Librio sous le titre Salut et liberté).
Dans les bois éternels donne une part plus importante à ce qui s'est passé précédemment, notamment dans Sous les vents de Neptune et il vaut mieux le lire après ce dernier.

On peut lire Les Jeux de l'amour et de la mort (son premier roman qui est selon moi le moins bon. Ce qui ne veut pas dire mauvais !) et Ceux qui vont mourir te saluent de manière indépendante.


Pour qui ?
Je dirai plutot nos élèves de lycée que ceux du collège. Et pour les profs !

Quoi acheter pour le CDI ?
ça dépend combien on en prend.

Si on en veut qu'un, on peut aller vers Ceux qui vont mourir te saluent, vers le premier "Adamsberg" (L'Homme aux cercles bleus) ou le premier "Evangelistes" (Debout les morts).

Sinon... Et bien, soit ces trois là (découverte de l'univers de Vargas), soit les 3 avec les Evangélistes, soit encore, quelques Adamsberg (en évitant d'avoir Dans les bois éternels sans avoir Sous les vents de Neptune et en ayant le premier).

Pars vite et reviens tard a été adapté au cinéma il peut donc tenter les élèves qui l'auront vu.
Sous les vents de Neptune a fait l'objet d'un téléfilm en 2 ou 3 volets (je ne sais plus), sur France télévision. Donc même chose.
L'Homme à l'envers se passe dans le parc naturel du Mercantour et aborde la polémique sur la réintroduction des loups dans les montagnes. Un peu plus loin sur la droite, lui, commence à Paris mais nous conduit très rapidement en Bretagne. On veillera peut-être à les avoir dans des établissement de ces régions.

Et on n'oubliera surtout pas dans glisser un dans notre sac pour les vacances. ;-)

vendredi, 20 février 2009

JAOUEN, Hervé, Mamie mémoire

mamie mémoire.jpgJAOUEN, Hervé, Mamie mémoire, Gallimard Jeunesse, 2002, 217 p., "Scripto"

Véro a 13 ans et une grand mère qu'elle adore. Quand celle-ci vient s'installer chez eux suite à un petit accident qui a failli réduire sa maison en cendres, Véro accepte même de lui céder sa chambre. Mamie ne peut plus vivre seule. Parce que, depuis quelques temps, Mamie oublie, perd des petits objets, s'égare. Et ça ne va faire qu'empirer. Le verdict du médecin n'est guère encourageant : Alzheimer.

Ce roman est très touchant. Il est raconté à la première personne par l'adolescente mais c'est le combat de toute une famille qu'on suit. Un combat perdu d'avance contre une maladie qui ne fera qu'empirer. Mais parents et enfants se lancent dans la lutte contre cette progression avec courage et ingéniosité, imrpovisant jour après jour pour trouver des réponses aux nouvelles lubies de la grand mère malade. Quitte à rentrer chez soi en criant joyeusement que c'est l'Armistice par exemple...

On découvre tous les aspects de la maladie et non pas d'un point de vue médicale comme dans un documentaire, mais du point de vue de l'entourage de la malade, comme on le vivrait tous avec un grand parent dans ce cas.

Je pense que ça se lit dès le collège (5ème) mais qu'on peut continuer à l'avoir en lycée parce que le thème peut toucher à tout âge.

 

proposition de descripteurs motbis : relation grand-parent-enfant / famille / trouble de la mémoire / maladie d'Alzheimer / adolescence... qu'est-ce que j'oublie ?

lundi, 16 février 2009

MURAIL, Marie Aude, Oh ! Boy !

oh boy.jpgMURAIL, Marie Aude, Oh ! Boy !, L'école des Loisirs, "Medium", 2000

Venez que je vous présente la fratrie Morlevent. Venise a 5 ans, est craquante, aime tout le monde qui lui rend bien. Morgane a 8 ans, n'est ni jolie ni remarquable. D'ailleurs, on l'oublie régulièrement. Siméon, lui, a 14 ans, les yeux marrons. Et il est surdoué.
Dans leur vie, les tragédies s'enchaînent. D'abord, leur père est parti sans laisser de traces. Et surtout,  depuis quelques minutes, leur mère est morte. Mais les trois Morlevent se sont fait un "jurement" : on ne les séparera pas.
C'est alors qu'entre en scène deux Morlevent de plus : une demi-soeur antipathique et un demi-fère tout ce qu'il y a de moins mature mais qui gagne rapidement le coeur de ces enfants. Il va falloir que l'un d'eux prennent en charge les trois orphelins. Oh, un détail encore : ces deux là se détestent.
Alors quand au milieu de tout cela s'ajoute une juge qui perd toute objectivité et une assistante sociale qui craque pour le frère aîné qui s'avère être homosexuel, le cocktail est détonant.


Ce livre est un petit bijou. L'histoire est tragique et pourtant, qu'est-ce qu'on rit ! Marie Aude Murail traite cette tragédie avec beaucoup d'humour sans rien épargner à ses personnages qui finissent tous chez le psy (!) Elle aborde ainsi la question de la mort et de la perte d'un parent ainsi que celle de la fratrie et de l'appartenance à une famille en fonction de son sang ou de son histoire avec une légéreté bienvenue. L'écriture est très agréable, entre les repliques sèches et efficaces de Siméon et les "Oh! Boy!" désemparé de Barthélémy, le frère aîné. A glisser entre toute les mains.

 

Propositions de descripteurs motbis : adolescence / enfance / orphelin / relation entre jeunes / fratrie / adoption / leucémie / cancer / chimiothérapie / hôpital / maladie / suicide... et il doit y en avoir un paquet d'autres...

samedi, 14 février 2009

MOLLA, Jean, Sobibor

Sobibor.jpgMOLLA, Jean, Sobibor, Gallimard Jeunesse, 2003, 191 p., « Scripto »

Emma est anorexique. Et quand sa grand-mère qu'elle aime tant décède en laissant entrevoir un secret qu'elle cacherait depuis des années, elle cesse presque totalement de s'alimenter. Elle enquète sur un lourd secret qui, elle le découvre petit à petit, lie sa famille au camp d'extermination de Sobibor. Plus elle avance dans ce secret, plus son état se dégrade.

On peut faire confiance à Jean Molla pour la qualité des textes. Celui ci est très réussi. Il allie deux thématiques (anorexie et déportation) qui ne semblent pourtant à priori pas pouvoir cohabiter si facilement. Ils nous transportent dans un univers sinistre grâce au journal qu'Emma retrouve d'un français collaborateur qui devient directeur du camp de Sobibor. Quand on rentre dans l'histoire, on ne la lache pas. L'auteur sème les indices et maintient le suspense par des ellipses et des retours en arrière.
Ce livre parle du devoir de mémoire mais aussi de la douleur des familles de nazis et de collaborateurs qui doivent concilier la mémoire familiale et la mémoire collective.

C'est un vrai bijou à faire lire à nos élèves dès qu'ils ont étudié la deuxième guerre mondiale. En collège donc, à l'intention des 3ème, en lycée aussi, pour tous.

 

proposition de descripteurs motbis : adolescence / anorexie mentale / maladie / nutrition / psychologie de l'adolescent / guerre mondiale : 1939-1945 / 20e siècle / déportation / récit de vie / relation grand parent-enfant / famille

mot clé : secret de famille

jeudi, 12 février 2009

GUERAUD, Guillaume, Couscous clan et Cité Nique-le-Ciel

Couscous clan.jpgGUERAUD, Guillaume, Couscous clan, Editions du Rouergue, "DoAdo", 2004, 213 p.


Le Couscous Clan, c'est la bande de Kamel, Kader et Karim. Ils vivent dans la cité du Grand Parc. Un parc de béton et de tours parmi lesquels la tour Voltaire, la plus haute, la plus vieille, et celle qui ne va pas tarder à être abattue. Mais aussi, celle qui va devenir le décor du tournage d'un film à gros budget pour lequel les coeurs de la Cité vont battre à l'unisson pendant les prochains jours.

Un roman plein d'humour sur la rencontre de deux univers qui croient se connaître mutuellement mais qui, en fait, fonctionnent sur des préjugés et des idées reçues. L'histoire navigue parmi une foule de personnages et de personnalités, depuis Kamel, mécano fan de films de kung fu, Kader l'obsédé sexuel et ses films porno, Karim, le seul qui va au lycée et le responsable du soutien scolaire, à Maxime, mère communiste arborant fiérement une veste rouge vif, Bruno, le gardien d'immeuble sans finesse et véritable brut épaisse, Yasmine qui chevauche inlassablement son scooter, ou encore Carla Jlovobien, la starlette affublé d'un immonde caniche, Marc Basin, le réalisateur, Magnum, le chef décorateur à chemise hawaïenne...

On les adore, on rit, et on ne peut s'empécher d'avoir un pincement au coeur quand l'équipe du film s'en va car la tour Voltaire est détruite, et surtout, la vie de la Cité va reprendre son cour, grise et sinistre.

En plus, Guillaume Guéraud s'adresse à plusieurs générations. Si les plus jeunes s'identifient aux personnages des adolescents, les plus vieux ne manqueront pas de goûter aux clins d'oeil cinématographiques et politiques (je ne pense pas que nos élèves connaissent le Bonnie and Clide avec Faye Danaway ni ne saisissent l'allusion du maire communiste qu'on arme d'une faucille et d'un marteau quand il devient figurant dans le film).

L'écriture est agréable, le ton, les phrases courtes, faciles à lire. Le récit est découpé en tous petits chapitres.

Collège et lycée. Ils n'aimeront pas les mêmes choses mais chacun y trouvera son compte.

 

Proposition de descripteurs motbis : adolescence / banlieue / cinéma / tournage : cinéma / amitié / amour / inégalité sociale... et je manque d'inspiration

 

GUERAUD, Guillaume, Cité Nique-le-Ciel, Editions du Rouergue, "DoAdo", 1998, 57 p.


Cité Arc-en-ciel. Tu parles d'un nom. Des tours de béton, du gris partout, un quartier pourri. Rachid a 13 ans et son frère vient de mourrir d'une overdose. Rachid veut devenir pilote de ligne mais ça serait plus simple de devenir un voyou...

Un texte court, parfait pour les petits lecteurs. En moins de 60 pages, on touche à la vie dans une cité, à la violence omniprésence, à la délinquance comme voie naturelle à suivre...

J'ai aimé le récit court, les phrases chocs, la succession de personnages, le style... Collège assurément, lycée pourquoi pas.

 

proposition de descripteurs motbis : adolescence / banlieua / violence / drogue / toxicomanie / toxicomane / mort : biologie... et je manque également d'inspiration

Top 5

Aujourd'hui, mon top 5 des excuses les plus nuls pour ne pas me donner son carnet de correspondance a été bouleversé par un nouveau numéro 1.


5 - "Il est a la vie scolaire". (Nul parce qu'archi banal. A égalité avec "C'est un prof qui me l'a pris").

4 - "Je l'ai plus, il s'est mouillé la dernière fois quand il pleuvait". (ça marche aussi avec les livres du CDI)

3 - "Je sais pas où il est et je m'en fous". (A le mérite d'être honnète)

2 - "ah mais Madame vous avez pas le droit". (Si si, je t'assure j'ai vérifié).

Et le gagnant est donc D.R. en 3e1 :

1 - "J'ai pas le temps, j'ai rendez-vous chez le tatoueur".

Par contre, moi, j'ai pris le temps de soigner le rapport (même si j'ai pas mis "une bonne paire de claque" dans la case "sanction proposée"...)

mardi, 10 février 2009

BURGESS, Melvin, Lady et Junk

Lady ma vie de chienne.jpgBURGESS, Melvin, Lady : ma vie de chienne, Gallimard, "Scripto", 2001, 236 p.


Sandra a 17 ans. Elle est belle, elle est sexy, et elle en joue. Elle aime sortir, elle aime s'amuser et elle aime les garçons, peut-être un peu trop. Sa vie bascule le jour où elle se dispute avec un clochard et qu'il la transforme... en chienne. Cette métamorphose, contrairement à ce qu'on pourrait croire, lui ouvre de nouvelles perspectives et lui donne un nouveau regard sur le monde, la vie, sa vie.

Un postulat de départ improbable. Et pourtant. On y croit, on est embarqué. On est même touché par le destin tragique de ce clochard qui a tour à tour transformé sa mère, puis son père, sa demi soeur, et les différents membres de ses familles d'accueil... Sandra maintenant baptisée Lady mène une vraie vie de chienne et qui ressemble à s'y meprendre à celle qu'elle tentait de mener en tant qu'humaine, subissant les reproches de sa famille et de son entourage.

Au delà du conte, une véritable reflexion sur le sens de la vie et ce qui définit un être humain. Et cela avec beaucoup d'humour et sans donner dans le politiquement correcte : au contraire, Brugess ne se gène pas pour choquer son lecteur.

Un ENORME oui pour le lycée et un gros oui pour le collège (grandes classes).

Propositions de descripteurs motbis : adolescence / puberté / sexualité / magie / chien / animal domestique / liberté / famille / relation adulte-jeune / relation parent-enfant / Angleterre / métamorphose...


Junk.jpgBURGESS, Melvin, Junk, Gallimard, "Scripto", 1996, 346 p.

Nico fugue. Il fuit un père violent, une mère alcoolique. Gemma fugue. Elle, elle fuit des parents sévères, décide de vivre libre, et rejoint Nico. Ils ont 14 ans.
ça commence par un peu de hasch, l'envie de s'amuser, de profiter de cette liberté nouvelle. Puis, d'une rencontre à l'autre, c'est l'héroïne, sniffée d'abord puis injectée, la dépendance, le deal et la prostitution pour financer ses shoots... Nico, Gemma et les quelques amis qui les entourent deviennent des junkies, même s'ils sont encore persudés de pouvoir s'arrêter quand ils le décideront.


Wah ! Un roman qui... décoiffe, touche, fait réfléchir et scotche son lecteur à ses pages. Les personnages (nombreux) sont dessinés avec précisions et surtout, ils évoluent, tous, même les personnages secondaires. Tour à tour, on les comprend, on les soutient, on les déteste, on veut les prendre dans nos bras, on l'impression de les connaître, se sont nos potes, nos amis, nos enfants...
Les personnages vivent une véritable descente aux enfers que l'on suit, impuissants, comme le sont les personnages.

Et pour ne rien gâcher, le mode de narration est très réussi. Le récit est mené à plusieurs voix : Nico, Gemma, mais aussi plusieurs de leurs amis, les gens qu'ils croisent, leurs parents... Et pour chaque personnage, une façon de parler et de voir les choses spécifiques, et qui évolue au fur et à mesure.

Un livre à avoir en collège (pour les grandes classes) et IMPERATIVEMENT en lycée. ;-)

 

propositions de descripteurs motbis : adolescence / fugue / relation parent-enfant / vie familiale / amitié / drogue / toxicomanie / désintoxication / toxicomane / prostitution...

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