mercredi, 10 juin 2009
De l'heure de l'endorphine
Prenez un jour de boulot au hasard.
Tiens, un jour qui commencent avec une liste de profs absents longues comme le bras et 20 élèves de 5e5 dans le CDI. A 8 heures, à peine accouchée de la salle des profs, sous les dernières gouttes de pluie.
Un jour qui a déjà commencé un peu plus tôt avec une prémonition de migraine, là, dès le révéil. C'est aussi sûr que si c'était écrit dans ton horoscope : ce soir, elle sera là. Là, à l'heure où tu rentres et que tu jettes ton sac sur le canap' avant de t'y avachir sans grâce.
Un jour qui, c'est prévu depuis longtemps, doit s'achever bien plus tard que d'habitude avec l'inauguration d'une exposition de travaux d'élèves (Allez, tous en coeur : O^^oh, c'est bo^^o !), des parents qui courent partout, des petits frères et petites soeurs qui s'infiltrent de tous les côtés (j'aime pas les enfants !).
Un jour qui se déroule, forcément, au gré des perm' surchagées avec, comme par hasard, les pires élèves du bahut, ceux dont on entend parler (en mal, hein) depuis le début d'année mais qu'on n'a jamais vu, qui se découvrent une passion subite pour le CDI et ses bandes dessinées. Vous voyez, les élèves qui sont jamais venu avant, sauf peut-être une fois où ils ont été obligé parce que le cours se déroulait là, mais qui se sont empressés d'oublier où étaient la porte d'entrée. Comment ça les surveillants se déchargeraient des cas sociaux sur ma pomme ? Mais non, même pas sous l'excuse que sinon ils vont en taper un et que toi, au pire, tu pleures, t'es pas du genre à taper.
Un jour où, ras la casquette, tu ne consultes personnes pour fermé exceptionnellement à la récréation de l'après-midi, parce que sinon tu vas en mordre un, tiens, Kevin, celui qui a commencé à jouer au jeu des pets et qui s'est offusqué quand tu lui a mis deux heures de colle après 3 rappels à l'ordre.
Alors, en salle des profs, tu prends d'assaut la mal nommée machine à café et tu te paie un chocolat chaud, tant pis si la machine a tous les risques de te bouffer ta pièce de 2 euros, tant pis si le lait en poudre n'est pas toujours bien délayé, tant pis si en vrai c'est d'une tablette de crunch entière dont tu rêve.
Et là, le prof d'SVT rentre derrière toi, glisse une pièce dans la machine puis s'assoit à côté de toi, son gobelet à la main. Et, avisant le contenu identique de ton petit verre en plastique il te lance :
"- Ah, toi aussi.
- C'est l'heure du chocolat.
- Hum. Besoin d'endorphine."
Alors, comme il n'y a rien à ajouter, vous acquiessez, lentement, de concert et de la tête.
09:12 Publié dans Mes élèves sont merveilleux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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