dimanche, 14 décembre 2008

La science fiction selon Megan Lindholm

Pour en terminer avec Lindholm/Hobb (jusqu'au prochain que je lis), deux titres :

LINDHOLM, Megan, Le Dernier magicien, Pocket, "fantasy", 2007, 349 p.

LINDHOLM, Megan, Alien Earth, Le Livre de poche, 2008, 542 p.

le dernier magicien.gifLe Dernier Magicien a été une déception. D'abord, l'histoire. A Seattle, un sans-abri que tous appellent le Magicien traine sa vie. Sa magie est basée sur les petits riens du quotidien. Il aide les gens qu'il rencontre par quelques mots et se fait oublier immédiatement après. Mais un mal étrange attaque la ville et le Magicien va découvrir l'ampleur de ses propres pouvoirs dans un tentative perilleuse pour sauver la ville.

Je n'ai pas accroché du tout à cette histoire. Le parti pris est intéressant : les sans abris, personnes ignorés de tous, qui survivent grasse à des combines et des systèmes D, dont personne ne se préoccupe, détiennent des pouvoirs divers et influences nos vies à tous. Le Magicien traine ses démons de la guerre du Viétnam, c'est un pauvre type.

Mais j'ai trouvé qu'il n'y avait pas de rythme, beaucoup trop de longueur et de détour pour nous faire arriver à un combat final dont on se fiche un peu parce qu'on en a déjà assez.

Peut-être que mon problème a été le manque de références personnelles car le livre est très américain dans le sens qu'il touche un quotidien qui n'est pas le notre, une façon de vivre bien précise. Je ne condamne donc pas le livre en bloc.

 

alien earth.gifAlien Earth, par contre, m'a réconciliée avec la science fiction qui n'a jamais follement été mon truc.

Dans un futur pas si lontain, la Terre a été détruite à force de pollution et de maltraitance de la part des humains. Une espèce extraterrestre, les Arthroplanes, ont sauvé un petit nombre d'humains et leur a permi de coloniser deux astéroïdes, Castor et Pollux. Une nouvelle société humaine s'est créé, ultra respectueuse de la nature au point que l'espèce s'affaiblit. Les Arthroplanes maintiennent ces humains dans l'ignorance d'une énorme partie de leur propre passé sur la Terre et prétende que la planète est définitivement inhabitable.

C'est dans ce contexte que Jonh et son vaisseau, l'Evangeline, vont être engagés pour une curieuse mission qui consiste à rapporter des échantillons venant de la Terrre, afin de vérifier dans quel état est véritablement la planète.

 

Le thème est un classique de la SF et colle parfaitement au préoccupation écologique actuelle. Mais il lance aussi une réflexion sur l'excès inverse qui consiste à tout sacrifier à la nature et à vivre sans jamais laisser sa trace sur la planète que l'on occupe. Aucune recette miracle n'est donnée pour autant. Il s'agit plus de faire réfléchir que de décliner une leçon.

Au delà, on aborde aussi la question de l'aliénation des faibles par les forts, à travers les différentes espèces (Arthroplanes, Humains, Anil), sur la capacité des êtres à décider ce qui est bon pour eux-mêmes.

Il s'agit bien de science fiction mais sans tous les clichés qu'on connait. On entre plutôt dans un huis clos entre l'Anilvaiseau et ses 4 passagers (2 membres d'équipages, un passager clandestin caché par l'Anil depuis 2000 ans et un Arthroplane).  Avec l'écriture de Hobb, donc les déscriptions précises et vivantes, la psychologie finement ciselée de ses personnages.

Le message final est assez positif et plein d'espoir pour l'humanité. Sans en faire trop pour autant.

Je pense qu'il a sa place en collège comme en lycée, pour la qualité de l'écriture et le message de prévention écolo qu'il diffuse sans en faire trop.

mercredi, 10 décembre 2008

Robin Hobb/Megan Lindholm

Un complément au post d'hier soir, voici un post consacré à tout ce que j'ai lu de Robin Hobb/megan Lindholm ce qui promet d'être long parce que j'ai presque tout lu !

Je n'en ai testé aucun en établissement scolaire pour le momement mais c'est un ENORME coup de coeur personnel.

Pour commencer, le plus gros morceau : le cycle de l'Assassin Royal et de celui des Aventuriers de la Mer, tous deux écrits sous le pseudo "Robin Hobb" et édités chez J'ai lu dans la collection "Fantasy". Et en effet, il s'agit de fantasy.

En général, on n'aime pas les cycles en CDI parce qu'il y a beaucoup de volumes à acheter. Ceux là ne dérogent pas à la règle. 13 tomes pour l'Assassin Royal, 9 pour les Aventuriers de la mer. Mais on peut faire découvrir cela à nos élèves en se limitant au 6 premiers tomes de l'Assassin royal qui s'achèvent de manière satisfaisante. Et pour cause, à l'origine, l'auteure pensait s'arréter là.


En fait, ce sont les éditeurs français qui ont fait n'importe quoi. En anglais, les 6 premiers tomes n'en forment que 3 (
The Farseer Trilogy)
Viennent ensuite les 9 volumes (français) des Aventuriers de la mer qui reprennent un des personnages de l'Assassin Royal et surtout, le même monde, un peu plus bas sur la carte. En anglais, c'est également une trilogie : The Liveship Traders.
Enfin, viennent ceux qui ont été publié en France sous les numéros 7 à 13 de l'Assassin Royal. On se situe vraiment à la suite du premier cycle mais en anglais, il s'agit d'une nouvelle trilogie : The Tawny Man.

Pourquoi ce choix de publication pose problème ? Parce que dans le second cycle de l'Assassin royal interviennent des éléments issus du cycle des Aventuriers de la mer. Les histoires sont liées et même si on peut comprendre la fin de l'Assassin sans avoir lu les Aventuriers, il manque quelque chose (j'en ai fait les frais).

Quelques mots sur les histoires.

Les deux (ou trois, ça dépend comment on compte) cycles se passent dans un monde à l'athmosphère médiéval, comme l'essentiel de le Fantasy.
assassin royal.jpgL'Assassin Royal se déroule dans le royaume des Six-Duchés. C'est l'histoire de Fitz, gamin abandonné par sa mère qui s'avère être le batard de l'héritier au trône, le Prince Chevalerie. Au début du cycle, il a 5 ans. A la fin du second cycle (Tawny Man), c'est presque un vieil homme. Autant dire que je ne peux résumer tout le cycle en quelques mots. L'enfant de 5 ans est envoyé à la cours. Il n'est pas reconnu par son père donc ne peut avoir une place de noble. Mais il devra servir sa famille. Il devient assassin pour le roi.

Mais ces quelques lignes ne rendent vraiment pas justice à l'oeuvre. C'est une merveille de renouvelement du genre de l'heroic fantasy. L'auteure nous surprend en permanence. Elle se plie à toutes les règles de la fantasy tout en rejetant les stéréotypes.
Comment expliquer ça... Vous avez lu Eragon ? Et bien dans Eragon, on sent que l'auteur a lu tous les classiques de la fantasy et en écrit un nouveau volume. Du coup, quand on connait les règles, on comprend où on va avec plusieurs chapitres d'avance.
Et bien Robin Hobb vous fait croire que vous savez où elle vous emmène, tranquillement, et au dernier moment, ça tourne autrement.
Un régal.

aventurier de la mer.jpgLes Aventuriers de la mer se passent dans le même monde mais dans un autre royaume, Jamallia. Dans cette univers là, certains Marchands possèdent des Vivenefs, d'incroyables navires doués de raison et dont la figure de proue est vivante. C'est une histoire... de piraterie, de magie, de malédiction, de folie, de dragons, d'amour, de cruauté, d'apprentissage de la vie...

L'assassin royal est écrit à la première personne, raconté par Fitz, l'apprenti assassin. Les aventurier de la mer est encore plus fouillé au niveau de l'écriture. On suit de front tous les personnages, et il y en a un paquet. Ainsi, au fur à mesure qu'ils se croisent où sont séparés, on peut avoir jusqu'à quatre récits de front. Si on n'a pas une bonne mémoire des noms, il vaut mieux s'armer d'un papier et d'un stylo pour les deux premiers tomes... !

Je peux dire que je dois une partie de mon concours à l'Assasin Royal. J'ai lu les 13 tomes pendant ma préparation au CAPES. C'était un de mes souffles d'air au milieu des révisions.

On trouve l'intégralité de l'Assassin en poche et 8 des 9 tomes des Aventuriers, pour le moment.

 

J'ai acheté mais pas encore lu "Retour au pays : prélude à l'Assassin Royal et aux Aventuriers de la Mer" dont le titre suffit à expliquer de quoi il sagit.



chamane.gif Actuellement, Robin Hobb s'est lancée dans le cycle du Soldat Chamane. Je n'ai lu que les deux premiers tomes. Une nouvelle fois, les éditions françaises ne respectent pas le découpage original donc les deux tomes que j'ai lu correspondent en réalité à un seul volume en version original.

ça pose de véritable problème dans le rythme du déroulement de l'action. Il faut toujours un peu de temps au lecteur pour rentrer dans une histoire et même quand il y a plusieur volume, l'auteur prévoit. Là (et c'est pareil pour l'Assassin et les Aventuriers), on reprend en plein milieu, on n'est plus dedans mais l'histoire ne nous attend pas pour reprendre. L'idéal reste de les lire en collant au découpage initial, quitte à acheter les tomes par 2 ou 3...

Bref, le Soldat Chamane, c'est un mélange de l'univers de l'Assassin Royal (la cour, les nobles, le pays, l'univers fantasy pseudo-médieval) et de celui du cycle du Peuple des Rennes (le chamanisme...) avec un personnage principal qui ressemble beaucoup à Fitz (sans le côté niais qu'il peut avoir, ce qui n'est pas plus mal). C'est peut-être les similitudes qui ont fait que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire au début. Puis finalement, je m'y suis laissée prendre. J'attends la suite du cycle avec impatience mais moins qu'avec les deux autres cycles.

L'histoire : Jamère Burvelle est un jeune noble déstiné par son rang de naissance à devenir un soldat et entrer dans la cavalerie, sur les traces de son père. Pour cela, il devra suivre la rude formation de l'Académie, l'école de formation des cavaliers. Dans le premier tome, on suit surtout la formation que son père lui impose et pendant laquelle il va découvrir la magie chamanique et rencontrer les esprits. Le second tome se déroule à l'Académie où Jamère va découvrir l'importance du conflit qui oppose les anciens nobles qui ont acquis leurs titres il y a plusieurs générations et les nouveaux nobles, annoblis par le Roi à la suite d'une grand campagne militaire. Tout cela sur fond de guerre pour conquérir les territoires de l'Est;

Je ne peux pas encore trop en dire sur ce cycle en n'ayant lu qu'une petite partie. La suite de l'histoire peut faire basculer entre "sans plus" et "génial". Il faudra attendre que J'ai lu publie la suite entre format poche.

 

La prochaine fois, je vous parle du Dernier Magicien et d'Alien Earth, deux romans de science fiction sous le nom de Megan Lindholm.
Pour le cycle de Ki et Vandien, il faudra que vous patientez jusqu'à ce que je l'ai lu (sachant que deux tomes attendent déjà sur ma longue pile des livres à lire). Puis peut-être qu'on parlera un peu BD bientôt, pour changer.

mardi, 09 décembre 2008

LINDHOLM, Megan, Le Peuple des Rennes, Pocket fantasy, 2008,deux tomes

peuple des rennes.gifLINDHOLM, Megan, Le Peuple des Rennes, Pocket, "fantasy", 2008, deux tomes (Le peuple des rennes et Le frère des loups)

 

Tillu la guérisseuse doit une nouvelle fois quitter la tribu qui l'a adoptée afin de protéger son fils, Kerleu. Ce garçon sans père, qu'elle a eu très jeune suite à son enlevement par un groupe de pillards, est différent des autres. Attardé mental, il est la tête de turc des autres enfants et attire moquerie et violence de la part de tous. Son nouveau statut d'apprenti du chaman Carp n'arrange rien.

Tillu fuit donc cette tribu et attaque l'hiver seule avec son fils. Un accident de chasse lui fera rencontrer une tribu du peuple des rennes. Elle tisse petit à petit des liens avec plusieurs de ses membres et va se retrouver impliquée malgré elle dans un drame qui secouera la tribu. Elle va devoir surmonter ses peurs et contrarier son reflexe de survie qui la pousse à fuire. Quant à Kerleu, il va poursuivre sa formation de chaman et se réveler à tous, y compris sa mère.

 

Saga préhistorique d'une auteure que j'adore et qui écrit sous deux pseudos différents : Megan Lindholm et Robin Hobb.

Ici, elle signe un roman en deux volets qui nous immergent dans la vie d'une tribu primitive que Pocket a choisi de le publier dans sa collection "fantasy". J'aime pinailler alors je précise : on peut accepter le classement en fantasy selon cette définition. Mais il ne faut pas s'attendre à de l'Heroic Fantasy parce que ça n'en est pas (pour de l'héroici fantasy façon Lindholm/Hobb, il faut aller voir les cycles de l'Assassin Royal et des Aventuriers de la Mer).

 

Comme toujours avec Robin Hobb, on ressent un gros travail de documentation qui permet ici un grand réalisme dans le quotidien décrit. Les armes, les pratiques, les gestes de tous les jours, les modes de déplacements, les matériaux, les vêtements, etc, tout cela sonne très juste sans pour autant qu'on tombe dans l'exposé. Ce sont plus des infos qui tombent au détour d'une phrase, au cours du récit. On en apprend beaucoup en même temps que Tillu qui découvre une nouvelle tribu et de nouvelles façons de faire.

Et dans cette univers si bien tenu naviguent plusieurs personnages : Tillu et son fils Kerleu, mais aussi Carps le chaman/nadj qui a pris Kerleu sous son aîle d'une curieuse façon, Heckram le guerrier du peuple de rennes, Joboam le fière qui vise la place du chef, Ella, épouse d'Heckram, et toute une floppée de personnages secondaires du peuple des rennes. La réussite de Megan Lindholm tient dans le fait qu'elle n'abandonne aucun de ses personnages, même les plus secondaires. Elle les soigne tous et s'attarde sur les portraits physiques mais surtout, psychologiques. On ne peut s'empécher de penser qu'elle en sait beaucoup plus sur eux que ce qu'elle nous en dit dans le livre. On obtient une grande cohérance et on adhère forcément. On a ses préférés, on s'attache à la tribu.

La magie et les pouvoirs des chamans sont mis en doute tout du long mais donne une pointe de fantastiques au récit. On sent presque le brouillon pour le Soldat Chaman, le nouveau cyle de l'auteur, dans lequel le chamanisme est bien plus présent.

 

Au delà du contexte, Megan Lindholm cherche surtout à explorer l'âme humaine et les sentiments forts qui peuvent la traverser comme l'amour, la haine, l'amitié, la peur, le traumatisme ou le désir de meurtre (par vengeance, pour atteindre le pouvoir, par cruauté...)

 

A faire lire en lycée, ils ont largement le niveau. En collège, c'est moins evident, moins à cause du niveau de langue  que du rythme de l'action qui n'est pas très soutenu. C'est accessible à partir de la 4e je pense mais il faudra s'accrocher pour rentrer dans l'histoire au début. Par contre, une fois lancé, on ne le lâche plus.

 

 

vendredi, 05 décembre 2008

BERNOS, Clotilde, Le si gentil monsieur Henry

le si gentil monsieur henry.jpgBERNOS, Clotilde, Le si gentil monsieur Henry, Thierry Magnier, 2006, 92 p.


Monsieur Henry est gentil. Oh, comme il est gentil, le professeur de chant ! Tout le monde le dit, tout le monde le pense, ses voisins, les parents de ses élèves. Mais Camille, elle, connait le vrai visage de Monsieur Henry. Elle ne veut plus aller à son cours de chant, elle ne veut plus voir Monsieur Henry, elle ne veut plus l'entendre. Elle ne veut plus qu'il la touche.

Camille a peur de ne pas être crue. Le poids des accusations d'un enfant face à la parole d'un adulte. De toutes façons, Camille n'a pas les mots. Et voilà, tout est dit. Ce livre raconte admirablement bien la peur de ne pas être cru, l'impuisance à révéler la vérité, le pouvoir des adultes sur les enfants, la capacité des adultes à se cacher ce que les enfants voient et vivent. Camille lutte avec ses seules armes : faire semblant d'être malade, dessiner un graphiti sur un mur, passer un message par la pièce de théâtre de fin d'année... Il avait l'air si gentil, ce monsieur Henry

 

mercredi, 03 décembre 2008

Façon de parler

Sans vouloir faire de raccourcis faciles, j'ai constaté que dans le collège où j'excerce mon art avec brio (n'est-il pas ?), les profs se saluent le matin en se demandant, classiquement, "ça va ?".

Sauf les profs d'EPS qui, tous les quatre, demandent "la forme ?".

lundi, 01 décembre 2008

Desherbage

Rangement vertical : concept particulièrement appréciable à l'approche des vacances, à retenir notamment pour sa grande efficacité et ses vertus défoulatoires.

Matériel nécessaire : un (grand) sac poubelle, un peu d'huile de coude et un CDI vide d'élèves.

Mise en oeuvre :

1 - ramasser sur la banque de prêts, autour de la banque de prêts, contre le mur derrière la banque de prêts, sur toutes surfaces planes qui furent libres il n'y a pas si longtemps, sans oublier d'aller faire un tour du coté du téléphone, les feuilles volantes (fiches élèves en suppléments, brouillons de tous types, essais d'impressions ou de photocopies ratées, prospectus, publicité, affiches, courriers divers et variés qui arrivent par millier au CDI et dont on ne sait absolument pas quoi faire, courriers dont on sait quoi faire mais dont on ne veut pas s'occuper, livres à réparer, vieux périodiques, petits bouts de filmolux qu'on n'a pas jeté parce que "ça peut toujours servir", cotes en attente, nots prises à la va vite, bouts d'info sur bouts de papier.

2 - Faire une pile élégante et bien équilibrée sur le plateau d'un bureau ou d'une table de travail.

3 - Installer la poubelle en contrebas.

4 - Faire basculer d'un seul bloc et avec grâce la pile dans la poubelle.

5 - Emballer le tout et pousser un soupir de soulagement.

jeudi, 27 novembre 2008

GUTMAN, Colas, Journal d'un garçon

gutman.jpgGUTMAN, Colas, Journal d'un garçon, Ecole des loisirs, "Medium", 2008

Pour Paul, rien n'est facile en ce moment. Il vient d'entrer en seconde, il n'a pas le look qu'il faut, son père semble avoir honte de lui, sa mère n'est plus qu'une série de brèves conversations téléphoniques depuis l'étranger, sa belle-mère est enceinte, son beau-frère dort dans la même chambre que lui et parle tout seul, sa sœur l'ignore quand ils se croisent au lycée, et surtout, il est fou amoureux de Lisa, la plus belle fille du lycée et élève de Terminale.


Une histoire horrible ? Absolument pas ! Le journal de Paul est bourré d'humour. Le père ne jure que par les survêtements, la belle-mère ne cuisine que des gratins et en a presque fait un sacerdoce, le beau-frère prononce à voix haute tout ce qui lui passe par la tête, et les situations cocasses se multiplient. Paul raconte lui même tout ce qui lui arrive, essayant de se donner le beau rôle, "distant, mais classe" comme il aime à le répéter.

C'est léger, c'est rigolo, ça se lit tout seul.

mercredi, 26 novembre 2008

PATERSON, James, Maximum Ride : opération Angel, , Hachette, 2008

Maximum Ride.pngPATERSON, James, Maximum Ride Tome 1 : opération Angel, , Hachette, 2008

Maximum Ride ou Max pour les intimes est l'ainée agée de 14 ans d'une fratrie de 6 enfants/adolescents mutants dotées chacun d'une force surhumaine, d'une paire d'ailes et, pour certains, de quelques autres pouvoirs étonnants (savoir lire dans les pensées, influencer les gens...) : Fang (trois mois de moins que Max), Iggy (13 ans), Nudge (11 ans), le Gasman (8 ans) et Angel (6 ans).

Ils se sont enfuit de l'Ecole, le laboratoire où ils ont été conçus, il y a quelques années. Ils ont vécu tranquillement dans une maison isolée. Mais un matin, ils subissent une attaque surprise des terribles Erasers, des Hommes-Loups qui travaillent pour l'Ecole. Après une lutte acharnée, les Erasers s'en vont et emporte Angel avec eux.

Les 5 autres membres de la fratrie se promettent alors de tout faire pour sauver Angel.


Voilà un livre qui n'a surement pas besoin de moi pour bien se vendre. D'autant qu'un film est prévu pour 2010 par le producteur de X-men, les 4 fantastiques, etc.

 

Le début m'avait l'air cousu de fil blanc. Les 6 petits mutants élevés au système D par leur ainée, le personnage principale de l'ado qui voudrait vivre la vie de tout ado normal et faire des cookies avec sa maman le week end mais qui ne peut pas parce qu'elle porte de lourdes responsabilités... Ici, c'est une paire d'ailes, mais on a déjà rencontré des milliers de fois le personnage de l'adolescent complexé par une différence, quelle qu'elle soit, qui rève d'être comme les autres.

So, au bout des premiers chapitres, on se dit "Ok, ils partent à trois pour sauver Angel, les deux qui restent doivent protéger la maison, ils vont attaquer l'Ecole à trois, échouer, les deux autres vont les rejoindre, ils vont attaquer l'Ecole à cinq, réussir, récupérer Angel et le livre sera plié".

Ben en fait, non. Si on retrouve assez régulièrement le fil blanc et les clichés (les méchants sont méchants et le chef des méchants et très méchants, les scientifiques de l'Ecole sont cruels et considèrent Angel comme un animal de laboratoire, le presque père adoptif des enfants est en fait un traître, etc), on s'en éloigne quand même beaucoup.

Au final, on a un roman qui ne casse pas trois pâtes à un canard mais dans lequel on rentre facilement. L'Histoire avance à toute vitesse avec plus d'une centaine de chapitre très courts (3/4 pages) et de l'action à volonté (voir au-delà). Un peu trop sans doute car dans le dernier tiers, les ressorts commencent à s'user (je n'ai pas compté les attaques surprises des Erasers suivies d'un combat, d'une fuite, puis du questionnement auquel on n'aura jamais de réponse dans ce tome : comment font-ils pour les retrouver ?).

Quête des origines, thême de la confiance trahie, de la différence, de la tolérance, de la dignité humaine... Il y a tout de même tout ça dans ce roman de science fiction qui peut effrayer les petits lecteurs par son épaisseur mais qui se lit pourtant très facilement.

Ce n'est pas à avoir absolument mais ça peut valoir le coup. Pour voir faire une meilleure idée, vous pouvez même lire les premiers chapitres en ligne : http://www.maximumride.fr/premiers_chapitres.php

KUIPERS, Alice, Ne t'inquiète pas pour moi

Kuipers.jpg

KUIPERS, Alice, Ne t'inquiète pas pour moi, Albin Michel Jeunesse, 2008

Claire a 15 ans et vit seule avec sa mère divorcée qui est médecin dans un hopital. Emploi du temps compliqué, lycée, baby sitting, des amies, un père, un nouveau petit copain pour l'une, un planning de gardes et des urgences imprévisibles pour l'autre, la mère et la fille se voient peu et communiquent par petits mots sur le frigo. Listes de courses, réclamation sd'argent de poche, recommandations affectueuses, et petit à petit un quotidien "plan plan" qui se dessine. Jusqu'à ce que la maladie touche la mère.



Le postulat est très intéressant et la mise en pratique, franchement réussie. On n'a que les petits mots du frigo. Des fois, ce ne sont que quelques mots, des phrases incomplètes, d'autre fois, ce sont des lettres. On apprend par allusion tout ce qui est fait et dit en dehors. La fatigue de la mère, puis un rendez-vous à l'hopital. Le cancer n'est nommé que très tard dans le livre, quand on l'a compris. La récidive, les examens... Jusqu'à ce que la mère annonce qu'elle rentre à l'hopital pour se reposer quelques jours et qu'on nous offre une lettre d'adieu de la fille à sa mère morte comme dernier chapitre.

La lecture de ce livre ne peut pas être passive. Il faut forcément jouer de déductions et de suppositions pour comprendre tout ce qui se passe. Ceci en rend la lecture un peu difficile aux plus jeunes. Mais cette conversation à distance livrée toute crue, sans analyse quelle qu'elle soit, sans commentaire d'un narrateur, touche forcément le lecteur.

dimanche, 23 novembre 2008

Autobiographie d'une courgette, PARIS, Gilles, Autobiographie d'une courgette,


Autobiographie d'une courgette.jpgPARIS, Gilles, Autobiographie d'une courgette, J'ai lu, "Roman", 2002, 232 p.

Courgette s'appelle Icare mais il n'y a que la maîtresse qui utilise ce nom. Courgette, il veut tuer le ciel parce que sa mère dit que les malheurs viennent de là haut. Sa mère, elle parle surtout à la télé. Des fois elle lui dit "Attention, derrière toi espèce d'idiot !". Mais des fois aussi, elle lui dit "Amène moi une canette fraiche", et ça, ça veut dire que Courgette doit lui apporter une bière du frigo. Courgette, il essaie de tuer le ciel avec le pistolet qu'il a trouvé dans les affaires de sa mère mais elle veut le lui reprendre le coup part tout seul. Courgette, il n'a pas tué le ciel mais maintenant, sa mère est comme les poupées toutes molles qu'on voit dans les films policiers. Alors Courgette va vivre aux Fontaines, avec d'autres enfants, surtout des comme lui qui n'ont pas de parents. Là bas, il y a Simon, Amhed, Alice, Béatrice, Jujube, les frères Chafouin et, surtout, Camille. Puis il y a les zéducateurs, la directrice qu'il faut appeler Geneviève alors qu'elle s'appelle Madame Papineau, le juge Clerget, Madame Colette la psychologue, le gendarme Raymond. Mais surtout, il y a la vie, enfin.


Les mots d'un garçon de 9 ans qui rapporte souvent les paroles des autres sans les comprendre. Ce livre retrace le parcours de ces enfants malmenés par les vies sans misérabilisme aucune. Les enfants nous renvoient nos conneries d'adultes en pleine face par leur regard critique et pertinent et entre les lignes se dessinent la complexité des cas de ces enfants, de leurs familles. Des histoires qui sonnent justes, une horreur sur laquelle on ne s'attarde pas, tout occupé qu'on est à suivre la reconstruction de ces jeunes, leurs victoires, leur nouvelle vie.
On s'attache à l'équipe et aux personnages. A lire. A relire. Et à poser sur une étagère du CDI. En collège comme en lycée.