mardi, 24 février 2009
SWINDELLS, Robert, Sans abri
SWINDELLS, Robert, Sans abri, Gallimard Jeunesse, « Scripto »
Link a 15 ans et s'entend très mal avec le nouveau compagnon de sa mère. D'une dispute à l'autre, il finit par quitter la maison et part vivre à Londres, dans la rue. Refuge, lui, est reformé de l'armée. Il doit réussir à se réadapter au monde des civiles et voue une haine à l'égard des SDF. Leurs deux histoires se déroulent d'abord en parallèle puis finissent par se croiser si bien que l'un des deux risques d'y laisser la vie.
Un vrai coup de coeur pour ce texte qui racontent l'histoire de deux personnes exclues de la société malgré elles. Il conduit à faire réfléchir le lecteur. Aucun de ses personnages n'a cherché à être dans sa situation, aucun ne le mérite, et aucun des deux ne peux vraiment s'en sortir. D'ailleurs, ils ne s'en sortent pas... En ce sens, la fin est dure. Même si Link survie, c'est avec la perspective de rester SDF.
On s'attache beaucoup à Link et avec les ados, le phénomène d'identification fonctionne très bien (ce qui lui arrive pourrait vraiment arriver à tout le monde).
Le mode de narration avec les deux points de vue est très réussi et donne beaucoup de vie à l'Histoire. Les deux récits se répondent de plus en plus. Les questions posés par l'un trouve une réponse chez l'autre. On comprend rapidemment que les deux personnages vont finir par se rencontrer et on se régale à apprendre comment, sans qu'aucune des deux histoires ne s'appauvrissent à suivre l'autre. Et le suspense qui emmaille le récit de Refuge ne gache rien.
Proposition de descripteurs motbis : adolescence / sans-abri / exclusion sociale / squat / logement / meurtre / violence / militaire / amour / journalisme...
18:47 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 20 février 2009
JAOUEN, Hervé, Mamie mémoire
JAOUEN, Hervé, Mamie mémoire, Gallimard Jeunesse, 2002, 217 p., "Scripto"
Véro a 13 ans et une grand mère qu'elle adore. Quand celle-ci vient s'installer chez eux suite à un petit accident qui a failli réduire sa maison en cendres, Véro accepte même de lui céder sa chambre. Mamie ne peut plus vivre seule. Parce que, depuis quelques temps, Mamie oublie, perd des petits objets, s'égare. Et ça ne va faire qu'empirer. Le verdict du médecin n'est guère encourageant : Alzheimer.
Ce roman est très touchant. Il est raconté à la première personne par l'adolescente mais c'est le combat de toute une famille qu'on suit. Un combat perdu d'avance contre une maladie qui ne fera qu'empirer. Mais parents et enfants se lancent dans la lutte contre cette progression avec courage et ingéniosité, imrpovisant jour après jour pour trouver des réponses aux nouvelles lubies de la grand mère malade. Quitte à rentrer chez soi en criant joyeusement que c'est l'Armistice par exemple...
On découvre tous les aspects de la maladie et non pas d'un point de vue médicale comme dans un documentaire, mais du point de vue de l'entourage de la malade, comme on le vivrait tous avec un grand parent dans ce cas.
Je pense que ça se lit dès le collège (5ème) mais qu'on peut continuer à l'avoir en lycée parce que le thème peut toucher à tout âge.
proposition de descripteurs motbis : relation grand-parent-enfant / famille / trouble de la mémoire / maladie d'Alzheimer / adolescence... qu'est-ce que j'oublie ?
18:45 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 16 février 2009
MURAIL, Marie Aude, Oh ! Boy !
MURAIL, Marie Aude, Oh ! Boy !, L'école des Loisirs, "Medium", 2000Venez que je vous présente la fratrie Morlevent. Venise a 5 ans, est craquante, aime tout le monde qui lui rend bien. Morgane a 8 ans, n'est ni jolie ni remarquable. D'ailleurs, on l'oublie régulièrement. Siméon, lui, a 14 ans, les yeux marrons. Et il est surdoué.
Dans leur vie, les tragédies s'enchaînent. D'abord, leur père est parti sans laisser de traces. Et surtout, depuis quelques minutes, leur mère est morte. Mais les trois Morlevent se sont fait un "jurement" : on ne les séparera pas.
C'est alors qu'entre en scène deux Morlevent de plus : une demi-soeur antipathique et un demi-fère tout ce qu'il y a de moins mature mais qui gagne rapidement le coeur de ces enfants. Il va falloir que l'un d'eux prennent en charge les trois orphelins. Oh, un détail encore : ces deux là se détestent.
Alors quand au milieu de tout cela s'ajoute une juge qui perd toute objectivité et une assistante sociale qui craque pour le frère aîné qui s'avère être homosexuel, le cocktail est détonant.
Ce livre est un petit bijou. L'histoire est tragique et pourtant, qu'est-ce qu'on rit ! Marie Aude Murail traite cette tragédie avec beaucoup d'humour sans rien épargner à ses personnages qui finissent tous chez le psy (!) Elle aborde ainsi la question de la mort et de la perte d'un parent ainsi que celle de la fratrie et de l'appartenance à une famille en fonction de son sang ou de son histoire avec une légéreté bienvenue. L'écriture est très agréable, entre les repliques sèches et efficaces de Siméon et les "Oh! Boy!" désemparé de Barthélémy, le frère aîné. A glisser entre toute les mains.
Propositions de descripteurs motbis : adolescence / enfance / orphelin / relation entre jeunes / fratrie / adoption / leucémie / cancer / chimiothérapie / hôpital / maladie / suicide... et il doit y en avoir un paquet d'autres...
18:44 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 14 février 2009
MOLLA, Jean, Sobibor
MOLLA, Jean, Sobibor, Gallimard Jeunesse, 2003, 191 p., « Scripto »
Emma est anorexique. Et quand sa grand-mère qu'elle aime tant décède en laissant entrevoir un secret qu'elle cacherait depuis des années, elle cesse presque totalement de s'alimenter. Elle enquète sur un lourd secret qui, elle le découvre petit à petit, lie sa famille au camp d'extermination de Sobibor. Plus elle avance dans ce secret, plus son état se dégrade.
On peut faire confiance à Jean Molla pour la qualité des textes. Celui ci est très réussi. Il allie deux thématiques (anorexie et déportation) qui ne semblent pourtant à priori pas pouvoir cohabiter si facilement. Ils nous transportent dans un univers sinistre grâce au journal qu'Emma retrouve d'un français collaborateur qui devient directeur du camp de Sobibor. Quand on rentre dans l'histoire, on ne la lache pas. L'auteur sème les indices et maintient le suspense par des ellipses et des retours en arrière.
Ce livre parle du devoir de mémoire mais aussi de la douleur des familles de nazis et de collaborateurs qui doivent concilier la mémoire familiale et la mémoire collective.
C'est un vrai bijou à faire lire à nos élèves dès qu'ils ont étudié la deuxième guerre mondiale. En collège donc, à l'intention des 3ème, en lycée aussi, pour tous.
proposition de descripteurs motbis : adolescence / anorexie mentale / maladie / nutrition / psychologie de l'adolescent / guerre mondiale : 1939-1945 / 20e siècle / déportation / récit de vie / relation grand parent-enfant / famille
mot clé : secret de famille
18:43 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 février 2009
GUERAUD, Guillaume, Couscous clan et Cité Nique-le-Ciel
GUERAUD, Guillaume, Couscous clan, Editions du Rouergue, "DoAdo", 2004, 213 p.
Le Couscous Clan, c'est la bande de Kamel, Kader et Karim. Ils vivent dans la cité du Grand Parc. Un parc de béton et de tours parmi lesquels la tour Voltaire, la plus haute, la plus vieille, et celle qui ne va pas tarder à être abattue. Mais aussi, celle qui va devenir le décor du tournage d'un film à gros budget pour lequel les coeurs de la Cité vont battre à l'unisson pendant les prochains jours.
Un roman plein d'humour sur la rencontre de deux univers qui croient se connaître mutuellement mais qui, en fait, fonctionnent sur des préjugés et des idées reçues. L'histoire navigue parmi une foule de personnages et de personnalités, depuis Kamel, mécano fan de films de kung fu, Kader l'obsédé sexuel et ses films porno, Karim, le seul qui va au lycée et le responsable du soutien scolaire, à Maxime, mère communiste arborant fiérement une veste rouge vif, Bruno, le gardien d'immeuble sans finesse et véritable brut épaisse, Yasmine qui chevauche inlassablement son scooter, ou encore Carla Jlovobien, la starlette affublé d'un immonde caniche, Marc Basin, le réalisateur, Magnum, le chef décorateur à chemise hawaïenne...
On les adore, on rit, et on ne peut s'empécher d'avoir un pincement au coeur quand l'équipe du film s'en va car la tour Voltaire est détruite, et surtout, la vie de la Cité va reprendre son cour, grise et sinistre.
En plus, Guillaume Guéraud s'adresse à plusieurs générations. Si les plus jeunes s'identifient aux personnages des adolescents, les plus vieux ne manqueront pas de goûter aux clins d'oeil cinématographiques et politiques (je ne pense pas que nos élèves connaissent le Bonnie and Clide avec Faye Danaway ni ne saisissent l'allusion du maire communiste qu'on arme d'une faucille et d'un marteau quand il devient figurant dans le film).
L'écriture est agréable, le ton, les phrases courtes, faciles à lire. Le récit est découpé en tous petits chapitres.
Collège et lycée. Ils n'aimeront pas les mêmes choses mais chacun y trouvera son compte.
Proposition de descripteurs motbis : adolescence / banlieue / cinéma / tournage : cinéma / amitié / amour / inégalité sociale... et je manque d'inspiration
Cité Arc-en-ciel. Tu parles d'un nom. Des tours de béton, du gris partout, un quartier pourri. Rachid a 13 ans et son frère vient de mourrir d'une overdose. Rachid veut devenir pilote de ligne mais ça serait plus simple de devenir un voyou...
Un texte court, parfait pour les petits lecteurs. En moins de 60 pages, on touche à la vie dans une cité, à la violence omniprésence, à la délinquance comme voie naturelle à suivre...
J'ai aimé le récit court, les phrases chocs, la succession de personnages, le style... Collège assurément, lycée pourquoi pas.
proposition de descripteurs motbis : adolescence / banlieua / violence / drogue / toxicomanie / toxicomane / mort : biologie... et je manque également d'inspiration
18:43 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 10 février 2009
BURGESS, Melvin, Lady et Junk
BURGESS, Melvin, Lady : ma vie de chienne, Gallimard, "Scripto", 2001, 236 p.
Sandra a 17 ans. Elle est belle, elle est sexy, et elle en joue. Elle aime sortir, elle aime s'amuser et elle aime les garçons, peut-être un peu trop. Sa vie bascule le jour où elle se dispute avec un clochard et qu'il la transforme... en chienne. Cette métamorphose, contrairement à ce qu'on pourrait croire, lui ouvre de nouvelles perspectives et lui donne un nouveau regard sur le monde, la vie, sa vie.
Un postulat de départ improbable. Et pourtant. On y croit, on est embarqué. On est même touché par le destin tragique de ce clochard qui a tour à tour transformé sa mère, puis son père, sa demi soeur, et les différents membres de ses familles d'accueil... Sandra maintenant baptisée Lady mène une vraie vie de chienne et qui ressemble à s'y meprendre à celle qu'elle tentait de mener en tant qu'humaine, subissant les reproches de sa famille et de son entourage.
Au delà du conte, une véritable reflexion sur le sens de la vie et ce qui définit un être humain. Et cela avec beaucoup d'humour et sans donner dans le politiquement correcte : au contraire, Brugess ne se gène pas pour choquer son lecteur.
Un ENORME oui pour le lycée et un gros oui pour le collège (grandes classes).
Propositions de descripteurs motbis : adolescence / puberté / sexualité / magie / chien / animal domestique / liberté / famille / relation adulte-jeune / relation parent-enfant / Angleterre / métamorphose...
BURGESS, Melvin, Junk, Gallimard, "Scripto", 1996, 346 p.Nico fugue. Il fuit un père violent, une mère alcoolique. Gemma fugue. Elle, elle fuit des parents sévères, décide de vivre libre, et rejoint Nico. Ils ont 14 ans.
ça commence par un peu de hasch, l'envie de s'amuser, de profiter de cette liberté nouvelle. Puis, d'une rencontre à l'autre, c'est l'héroïne, sniffée d'abord puis injectée, la dépendance, le deal et la prostitution pour financer ses shoots... Nico, Gemma et les quelques amis qui les entourent deviennent des junkies, même s'ils sont encore persudés de pouvoir s'arrêter quand ils le décideront.
Wah ! Un roman qui... décoiffe, touche, fait réfléchir et scotche son lecteur à ses pages. Les personnages (nombreux) sont dessinés avec précisions et surtout, ils évoluent, tous, même les personnages secondaires. Tour à tour, on les comprend, on les soutient, on les déteste, on veut les prendre dans nos bras, on l'impression de les connaître, se sont nos potes, nos amis, nos enfants...
Les personnages vivent une véritable descente aux enfers que l'on suit, impuissants, comme le sont les personnages.
Et pour ne rien gâcher, le mode de narration est très réussi. Le récit est mené à plusieurs voix : Nico, Gemma, mais aussi plusieurs de leurs amis, les gens qu'ils croisent, leurs parents... Et pour chaque personnage, une façon de parler et de voir les choses spécifiques, et qui évolue au fur et à mesure.
Un livre à avoir en collège (pour les grandes classes) et IMPERATIVEMENT en lycée. ;-)
propositions de descripteurs motbis : adolescence / fugue / relation parent-enfant / vie familiale / amitié / drogue / toxicomanie / désintoxication / toxicomane / prostitution...
18:42 Publié dans Lectures : "Faits de société", Lectures : fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 08 février 2009
VERMOT, Marie-Sophie, Pouvoir se taire
VERMOT, Marie-Sophie, Pouvoir se taire, et encore, Thierry Magnier, 2002 puis 2007, 94 p.
Dina a été quitté par son copain. Dina ne reconnait plus le visage quel voit dans la glace à cause de son nez, refait après un accident de voiture. Dina ne se reconnait plus. Dina s'est disputée avec sa mère et elles n'arrivent pas à reprendre une relation normale. Dina ne parle plus à ses copines. Mais surtout, Dina a arreté de manger.
Petit récit qui raconte l'anorexie et la spirale infernale qu'elle entraine, les petites choses qui conduisent à ce comportement, mais aussi, le déclic qui permet de s'en sortir, les rencontres, prendre goût à la vie par les petites plaisirs simples. Un thème que nos lectrices adorent pour un livre bien mené, touchant, et qui, de plus, se lit facilement.
Collège et lycée, of course.
propositions de descripteurs motbis : adolescence / anorexie mentale / nutrition / psychologie de l'adolescent / chirurgie plastique / relation mère-enfant / sexualité / amitié / psychanalyse / psychothérapie / fille ...
18:41 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 06 février 2009
OLLIVIER, Mickaël, La vie, en gros
OLLIVIER, Mickaël, La vie, en gros, Thierry Magnier, 2001 (première édition), 2007 (édition de l'image), 159 p.
Benjamin a 15 ans et rève d'ouvrir un restaurant plus tard, une bonne adresse où on prendrait soin des clients, un menu unique dans un cadre exeptionnel, là bas, en Bretagne où il passe ses vacances d'été. Benjamin, il aime cuisiner et surtout, il aime manger. Mais voilà, à la visite médicale, le diagnostique de l'infirmière est sans appel : obesité de catégorie 2. Alors Ben nous explique comment c'est dur de maigrir quand on mange avec passion, mais aussi quand la nourriture est notre seule amie et notre première source de réconfort. Il nous explique aussi comment il est devenu "le gros", "gras double, "Bouboule". Puis il nous parle de ses amitiés. Et surtout, il nous parle de Claire.
Etant une spécialiste du régime ratée, je ne suis pas sûre d'être tout à fait objective sur ce livre. Mais justement : nos lecteurs le seront-ils ? Je pense notamment à toutes les jeunes filles qui dévorent les documentaires du CDI abordant les questions de boulimie, anorexie, troubles alimentaires et autres régimes. Ce livre a l'avantage de s'adresser aussi bien à ces jeunes filles qu'aux garçons puisque le personnage principal en est un.
L'ouvrage, en réalité, ne parle pas seulement d'obésité mais aussi de la question de l'estime de soi et de l'image que les autres ont de nous même à une période précise de la vie : l'adolescence (Ben est en troisième). Ben est obèse mais Eric, lui, est très grand et tout maigre et attire tout autant l'attention. Quant à Claire, elle est arrivée à la rentrée avec une nouvelle poitrine ahurissante alors qu'elle n'avait rien sous son t shirt deux mois auparavant. On parle aussi des moqueries et de la difficulté de changer : quand Ben se met au régime, tout le monde se fiche de lui, de la même façon qu'on se moque de son poids !
Le ton est juste et le personnage prend du recul. Il démonte pas mal d'idées reçues, pour l'essentiel sur les questions de poids mais aussi sur l'adolescence et la façon dont les adultes traitent cette période de la vie chez les autres.
ça se lit très facilement. L'univers est celui que connaissent tous nos élèves : le collège, la maison, le centre commercial, le cinéma, la piscine. Le narrateur est attachant.
Un grand oui pour le collège, et un gros pourquoi pas pour le lycée
propositions de descripteurs motbis : adolescence / collège / obésité / métier : hôtellerie et restauration / cuisine professionnelle / amour / amitié / régime alimentaire / nutrition / maladie de la nutrition...
mots clés : TCA
18:40 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 04 février 2009
DOHERTY, Berlie, Cher Inconnu
DOHERTY, Berlie, Cher Inconnu, Gallimard, "Scripto", 2002, 255 p.
Chris a 17 ans. A la fin de l'année, il va passer son diplôme. En octobre, il rentrera à Newcastel pour faire des études de langues et de littérature. Pas de surprise, la ligne est tracée.
Helen a 17 ans. A la fin de l'année, elle va passer son diplôme. En octobre, si sa candidature est acceptée (et selon toutes probabilités), elle va rentrer au conservatoire. Pas de surprise, la ligne est tracée.
Chris et Helen sont amoureux. En octobre, ils seront séparés. Mais c'est loin, octobre. D'ici là, ils comptent bien profiter du temps qu'ils ont a passer ensemble. Mais une troisième personne s'invite dans leur couple. Ce "Cher Inconnu" auquel Helen adresse toute une série de lettres. Un inconnu qui devrait naître en octobre justement et qui, pour le moment, grandit dans le ventre d'Helen sans y avoir été invité.
Un copieux roman qui se dévore avec appétit.
Un récit à deux voix : celle de Chris, à la première personne, et celle d'Helen à travers les lettres qu'elle adresse à l'enfant qu'elle porte. Les deux parents occupent une place égale, chose rare dans les romans que j'ai pu lire jusqu'ici sur ce thème.
Derrière ces deux personnages, il y a leurs familles, la question de la parenté, de l'amour filiale. La mère de Chris a abandonné sa famille quand Chris avait 10 ans. Sa tante, elle, a avorté de l'enfant de son mari alors qu'ils venaient de divorcer. La grand-mère d'Helen a eu un enfant hors mariage. Le grand père d'Helen n'est donc pas le père de l'enfant qu'il a élévé comme sa fille pourtant.
En parallèle de la question des enfants, celle du mariage. Dans ce livre, le mariage est présenté comme un engagement à vie, une question d'amour et d'épanouissement personnel. On peut être parent, un bon parent, sans être marié avec l'autre.
Pour Helen et Chris, il y a deux choix à faire : garder l'enfant ou non d'une part, faire leur vie ensemble et abandonner leurs projets ou pas d'autre part. L'un n'est pas subordonné à l'autre.
Le rythme est agréable bien qu'un peu lent sur le dernier tiers du livre. Le récit à deux voix s'articulent plutôt bien mais on aurait aimé que la typographie des lettres soient différentes afin d'éclairer le changement de narrateur, notamment pour les élèves qui sont moins "lecteurs".
Lycée absolument, éventuellement 3ème.
proposition de descripteurs motbis : adolescence / amour / maternité / relation mère-enfant / Angleterre / lycée / scolarité / famille / mariage
18:40 Publié dans Lectures : "Faits de société", Lectures : psychologique, Lectures : Sentimental | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 02 février 2009
AUBRY, Florence, Mamie en miettes
AUBRY, Florence, Mamie en miettes, Editions du Rouergue, "DoAdo", 2003, 60 p.
Quand sa grand-mère est venue vivre sous le toit qu'elle partageait avec sa mère, Gaëlle était ravie. Mais aujourd'hui, en rentrant du collège, elle trouve sa grand mère en larmes dans la salle de bain et elle ne peut plus fermer les yeux. Elle doit raconter ce qu'elle n'a pas voulu s'avouer jusqu'ici.
Ce court texte (60 pages au format "DoAdo", 12x17cm) parle d'amour filiale et de la difficulté à gérer la situation quand les rôles sont inversés, que ce sont aux enfants de prendre en charge les parents vieillissant, de s'occuper d'eux, les habiller, les laver...
Un récit à la première personne basé sur un postulat intéressant. Pas de lettres, de journal intime, mais la jeune fille qui part pour dénoncer sa mère à la police mais hésite à la dernière minute. Elle rencontre une dame curieuse, la mère d'une de ses camarades de classe, qui l'installe sur son canapé et lui offre une oreille attentive. Et silencieuse. Un personnage qui ne se manifeste qu'occasionnelement pour relancer le récit et donner un peu de plus de corps encore à cette histoire touchante. Il n'y a pas un mot en trop. Et il n'en manque pas un.
Collège parce que c'est simple à lire, lycée parce que le thème n'a pas d'âge.
18:39 Publié dans Lectures : "Faits de société" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


