dimanche, 14 décembre 2008
La science fiction selon Megan Lindholm
Pour en terminer avec Lindholm/Hobb (jusqu'au prochain que je lis), deux titres :
LINDHOLM, Megan, Le Dernier magicien, Pocket, "fantasy", 2007, 349 p.
LINDHOLM, Megan, Alien Earth, Le Livre de poche, 2008, 542 p.
Le Dernier Magicien a été une déception. D'abord, l'histoire. A Seattle, un sans-abri que tous appellent le Magicien traine sa vie. Sa magie est basée sur les petits riens du quotidien. Il aide les gens qu'il rencontre par quelques mots et se fait oublier immédiatement après. Mais un mal étrange attaque la ville et le Magicien va découvrir l'ampleur de ses propres pouvoirs dans un tentative perilleuse pour sauver la ville.
Je n'ai pas accroché du tout à cette histoire. Le parti pris est intéressant : les sans abris, personnes ignorés de tous, qui survivent grasse à des combines et des systèmes D, dont personne ne se préoccupe, détiennent des pouvoirs divers et influences nos vies à tous. Le Magicien traine ses démons de la guerre du Viétnam, c'est un pauvre type.
Mais j'ai trouvé qu'il n'y avait pas de rythme, beaucoup trop de longueur et de détour pour nous faire arriver à un combat final dont on se fiche un peu parce qu'on en a déjà assez.
Peut-être que mon problème a été le manque de références personnelles car le livre est très américain dans le sens qu'il touche un quotidien qui n'est pas le notre, une façon de vivre bien précise. Je ne condamne donc pas le livre en bloc.
Alien Earth, par contre, m'a réconciliée avec la science fiction qui n'a jamais follement été mon truc.
Dans un futur pas si lontain, la Terre a été détruite à force de pollution et de maltraitance de la part des humains. Une espèce extraterrestre, les Arthroplanes, ont sauvé un petit nombre d'humains et leur a permi de coloniser deux astéroïdes, Castor et Pollux. Une nouvelle société humaine s'est créé, ultra respectueuse de la nature au point que l'espèce s'affaiblit. Les Arthroplanes maintiennent ces humains dans l'ignorance d'une énorme partie de leur propre passé sur la Terre et prétende que la planète est définitivement inhabitable.
C'est dans ce contexte que Jonh et son vaisseau, l'Evangeline, vont être engagés pour une curieuse mission qui consiste à rapporter des échantillons venant de la Terrre, afin de vérifier dans quel état est véritablement la planète.
Le thème est un classique de la SF et colle parfaitement au préoccupation écologique actuelle. Mais il lance aussi une réflexion sur l'excès inverse qui consiste à tout sacrifier à la nature et à vivre sans jamais laisser sa trace sur la planète que l'on occupe. Aucune recette miracle n'est donnée pour autant. Il s'agit plus de faire réfléchir que de décliner une leçon.
Au delà, on aborde aussi la question de l'aliénation des faibles par les forts, à travers les différentes espèces (Arthroplanes, Humains, Anil), sur la capacité des êtres à décider ce qui est bon pour eux-mêmes.
Il s'agit bien de science fiction mais sans tous les clichés qu'on connait. On entre plutôt dans un huis clos entre l'Anilvaiseau et ses 4 passagers (2 membres d'équipages, un passager clandestin caché par l'Anil depuis 2000 ans et un Arthroplane). Avec l'écriture de Hobb, donc les déscriptions précises et vivantes, la psychologie finement ciselée de ses personnages.
Le message final est assez positif et plein d'espoir pour l'humanité. Sans en faire trop pour autant.
Je pense qu'il a sa place en collège comme en lycée, pour la qualité de l'écriture et le message de prévention écolo qu'il diffuse sans en faire trop.
19:37 Publié dans Lectures : fantasy, Lectures : Science fiction, anticipation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 10 décembre 2008
Robin Hobb/Megan Lindholm
Un complément au post d'hier soir, voici un post consacré à tout ce que j'ai lu de Robin Hobb/megan Lindholm ce qui promet d'être long parce que j'ai presque tout lu !
Je n'en ai testé aucun en établissement scolaire pour le momement mais c'est un ENORME coup de coeur personnel.
Pour commencer, le plus gros morceau : le cycle de l'Assassin Royal et de celui des Aventuriers de la Mer, tous deux écrits sous le pseudo "Robin Hobb" et édités chez J'ai lu dans la collection "Fantasy". Et en effet, il s'agit de fantasy.
En général, on n'aime pas les cycles en CDI parce qu'il y a beaucoup de volumes à acheter. Ceux là ne dérogent pas à la règle. 13 tomes pour l'Assassin Royal, 9 pour les Aventuriers de la mer. Mais on peut faire découvrir cela à nos élèves en se limitant au 6 premiers tomes de l'Assassin royal qui s'achèvent de manière satisfaisante. Et pour cause, à l'origine, l'auteure pensait s'arréter là.
En fait, ce sont les éditeurs français qui ont fait n'importe quoi. En anglais, les 6 premiers tomes n'en forment que 3 (The Farseer Trilogy)
Viennent ensuite les 9 volumes (français) des Aventuriers de la mer qui reprennent un des personnages de l'Assassin Royal et surtout, le même monde, un peu plus bas sur la carte. En anglais, c'est également une trilogie : The Liveship Traders.
Enfin, viennent ceux qui ont été publié en France sous les numéros 7 à 13 de l'Assassin Royal. On se situe vraiment à la suite du premier cycle mais en anglais, il s'agit d'une nouvelle trilogie : The Tawny Man.
Pourquoi ce choix de publication pose problème ? Parce que dans le second cycle de l'Assassin royal interviennent des éléments issus du cycle des Aventuriers de la mer. Les histoires sont liées et même si on peut comprendre la fin de l'Assassin sans avoir lu les Aventuriers, il manque quelque chose (j'en ai fait les frais).
Quelques mots sur les histoires.
Les deux (ou trois, ça dépend comment on compte) cycles se passent dans un monde à l'athmosphère médiéval, comme l'essentiel de le Fantasy.
L'Assassin Royal se déroule dans le royaume des Six-Duchés. C'est l'histoire de Fitz, gamin abandonné par sa mère qui s'avère être le batard de l'héritier au trône, le Prince Chevalerie. Au début du cycle, il a 5 ans. A la fin du second cycle (Tawny Man), c'est presque un vieil homme. Autant dire que je ne peux résumer tout le cycle en quelques mots. L'enfant de 5 ans est envoyé à la cours. Il n'est pas reconnu par son père donc ne peut avoir une place de noble. Mais il devra servir sa famille. Il devient assassin pour le roi.
Mais ces quelques lignes ne rendent vraiment pas justice à l'oeuvre. C'est une merveille de renouvelement du genre de l'heroic fantasy. L'auteure nous surprend en permanence. Elle se plie à toutes les règles de la fantasy tout en rejetant les stéréotypes.
Comment expliquer ça... Vous avez lu Eragon ? Et bien dans Eragon, on sent que l'auteur a lu tous les classiques de la fantasy et en écrit un nouveau volume. Du coup, quand on connait les règles, on comprend où on va avec plusieurs chapitres d'avance.
Et bien Robin Hobb vous fait croire que vous savez où elle vous emmène, tranquillement, et au dernier moment, ça tourne autrement.
Un régal.
Les Aventuriers de la mer se passent dans le même monde mais dans un autre royaume, Jamallia. Dans cette univers là, certains Marchands possèdent des Vivenefs, d'incroyables navires doués de raison et dont la figure de proue est vivante. C'est une histoire... de piraterie, de magie, de malédiction, de folie, de dragons, d'amour, de cruauté, d'apprentissage de la vie...
L'assassin royal est écrit à la première personne, raconté par Fitz, l'apprenti assassin. Les aventurier de la mer est encore plus fouillé au niveau de l'écriture. On suit de front tous les personnages, et il y en a un paquet. Ainsi, au fur à mesure qu'ils se croisent où sont séparés, on peut avoir jusqu'à quatre récits de front. Si on n'a pas une bonne mémoire des noms, il vaut mieux s'armer d'un papier et d'un stylo pour les deux premiers tomes... !
Je peux dire que je dois une partie de mon concours à l'Assasin Royal. J'ai lu les 13 tomes pendant ma préparation au CAPES. C'était un de mes souffles d'air au milieu des révisions.
On trouve l'intégralité de l'Assassin en poche et 8 des 9 tomes des Aventuriers, pour le moment.
J'ai acheté mais pas encore lu "Retour au pays : prélude à l'Assassin Royal et aux Aventuriers de la Mer" dont le titre suffit à expliquer de quoi il sagit.
Actuellement, Robin Hobb s'est lancée dans le cycle du Soldat Chamane. Je n'ai lu que les deux premiers tomes. Une nouvelle fois, les éditions françaises ne respectent pas le découpage original donc les deux tomes que j'ai lu correspondent en réalité à un seul volume en version original.
ça pose de véritable problème dans le rythme du déroulement de l'action. Il faut toujours un peu de temps au lecteur pour rentrer dans une histoire et même quand il y a plusieur volume, l'auteur prévoit. Là (et c'est pareil pour l'Assassin et les Aventuriers), on reprend en plein milieu, on n'est plus dedans mais l'histoire ne nous attend pas pour reprendre. L'idéal reste de les lire en collant au découpage initial, quitte à acheter les tomes par 2 ou 3...
Bref, le Soldat Chamane, c'est un mélange de l'univers de l'Assassin Royal (la cour, les nobles, le pays, l'univers fantasy pseudo-médieval) et de celui du cycle du Peuple des Rennes (le chamanisme...) avec un personnage principal qui ressemble beaucoup à Fitz (sans le côté niais qu'il peut avoir, ce qui n'est pas plus mal). C'est peut-être les similitudes qui ont fait que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire au début. Puis finalement, je m'y suis laissée prendre. J'attends la suite du cycle avec impatience mais moins qu'avec les deux autres cycles.
L'histoire : Jamère Burvelle est un jeune noble déstiné par son rang de naissance à devenir un soldat et entrer dans la cavalerie, sur les traces de son père. Pour cela, il devra suivre la rude formation de l'Académie, l'école de formation des cavaliers. Dans le premier tome, on suit surtout la formation que son père lui impose et pendant laquelle il va découvrir la magie chamanique et rencontrer les esprits. Le second tome se déroule à l'Académie où Jamère va découvrir l'importance du conflit qui oppose les anciens nobles qui ont acquis leurs titres il y a plusieurs générations et les nouveaux nobles, annoblis par le Roi à la suite d'une grand campagne militaire. Tout cela sur fond de guerre pour conquérir les territoires de l'Est;
Je ne peux pas encore trop en dire sur ce cycle en n'ayant lu qu'une petite partie. La suite de l'histoire peut faire basculer entre "sans plus" et "génial". Il faudra attendre que J'ai lu publie la suite entre format poche.
La prochaine fois, je vous parle du Dernier Magicien et d'Alien Earth, deux romans de science fiction sous le nom de Megan Lindholm.
Pour le cycle de Ki et Vandien, il faudra que vous patientez jusqu'à ce que je l'ai lu (sachant que deux tomes attendent déjà sur ma longue pile des livres à lire). Puis peut-être qu'on parlera un peu BD bientôt, pour changer.
10:41 Publié dans Lectures : Aventure, Lectures : fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


