jeudi, 26 février 2009

MONTARDE, Hélène. Océania tome 1 : La prophétie des oiseaux.

Océania.gifMONTARDE, Hélène. Océania tome 1 : La prophétie des oiseaux. Rageot, 2007, 331 p.

Flavia vient tout juste de féter ses 16 ans. Suite à la disparition de ses parents, elle a été élevée au bord de l'océan Atlantique par son grand père. Celui-ci est un des rares Guetteurs qui existent encore. Il connait le langage de l'océan, des oiseaux et a appris à Flavia à les observer. Et leurs observations ne sont guère rassurantes : depuis quelques années, il n'y a aucun doute, l'océan monte de manière dangereuse et irreversible. L'Europe entière est menacée. Le seul pays au monde étant protégé sont les Etats-Unis qui ont devancé la montée des eaux en construisant un immense digue qui préserve leurs côtes. Mais les Etats-Unis ont décidé de fermer leurs frontières.

Ce roman d'anticipation se déroule sur trois volumes et je n'ai lu que le premier. Je poste donc une critique qui ne concerne que ce que j'ai lu.

Je n'ai pas eu un véritable coup de coeur pour ce livre mais pour autant, il a pas mal de qualités. On se situe dans un futur proche qui ressemble tout à fait à notre monde actuel (à part quelques nouveautés technologiques).

A priori, ce roman veut mettre en garde contre le réchauffement climatique et promouvoir le besoin de sauvegarder la planète avant qu'il soit trop tard. Mais au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, la leçon se complique. Il ne s'agit plus seulement de protéger la planète mais aussi de protéger les connaissances scientifiques que l'humanité a accumulées, de mettre en commun les savoirs de tous, dans tous les pays, de coordonner nos actions avant qu'il soit trop tard.

Mais encore, une fois qu'on arrive sur le territoire américain, la situation n'est pas celle que l'on attend. On évoque d'abord la censure de l'information et sa manipulation (les américains sont maintenus dans l'ignorance totale de ce qui se passent ailleurs, les journaux payant n'existent plus, l'information est contrôlée par les grands groupes qui financent les médias). Puis le contrôle du territoire, la situation des clandestins, les abus de la police... Entre les lignes, on découvre un pays sous contrôle, une population dont la liberté est factice.

On a même le droit à une critique des jeux télévisés au tout début de l'histoire quand Flavia participe à une version deguisée du "Maillon faible" pour gagner sa place sur le dernier paquebot qui se rend en Amérique.

L'action avance très vite, on ne s'ennuit pas. D'un rebondissement à un retournement de situation, il y a peu de temps de pause. Les chapitres sont courts, découpés en plus en plusieurs parties. Même les plus petits lecteurs ne peuvent pas s'ennuyer.

En résumé :

- j'aime : la "morale" de l'histoire qui tente de faire réfléchir mais sans être lourd ; une histoire qui tourne autour de la mer, des bâteaux, des oiseaux marins, qui ne prétend pas que chaque individu peut faire des miracles mais qu'on peut commencer par se poser et observer ce qui nous entoure ; l'aventure qui avance bien et garde le rythme.

- j'aime moins : le personnage principale trop lisse, trop "bonne petite fille", systmétiquement généreuse, prête à aider, à se sacrifier, à aller au bout d'elle même, qui n'a jamais une pensée de travers... Elle est totalement prévisible, ne doute jamais ou presque, fait ce qu'on attend d'elle, ce qu'il faut, quand il faut. De même pour les autres personnages, excepté le Capitaine Blunt qui reste mystérieux et énigmatique.

 

On vise les 5e/4e, essentiellement filles puisqu'on a affaire à une héroïne.

proposition de descripteurs motbis : Réchauffement de la terre / déséquilibre écologique / milieu marin / océan Atlantique / oiseau de mer / aventure : voyage / ouvrage maritime / éducation à l'environnement / développement durable / censure / liberté de la presse / totalitarisme / gestion de l'environnement / frontière / réfugié / migration de population / violation des droits de l'homme / exil / 21e siècle / voilier / transport maritime / amour / adolescence / navigateur / scientifique

 

Je viendrai compléter ceci quand j'aurais lu la suite. Mais si quelqu'un lit ceci (ce dont je commence à douter...) et a lu la suite, j'accueillerai volontier un complément !

 


 



dimanche, 14 décembre 2008

La science fiction selon Megan Lindholm

Pour en terminer avec Lindholm/Hobb (jusqu'au prochain que je lis), deux titres :

LINDHOLM, Megan, Le Dernier magicien, Pocket, "fantasy", 2007, 349 p.

LINDHOLM, Megan, Alien Earth, Le Livre de poche, 2008, 542 p.

le dernier magicien.gifLe Dernier Magicien a été une déception. D'abord, l'histoire. A Seattle, un sans-abri que tous appellent le Magicien traine sa vie. Sa magie est basée sur les petits riens du quotidien. Il aide les gens qu'il rencontre par quelques mots et se fait oublier immédiatement après. Mais un mal étrange attaque la ville et le Magicien va découvrir l'ampleur de ses propres pouvoirs dans un tentative perilleuse pour sauver la ville.

Je n'ai pas accroché du tout à cette histoire. Le parti pris est intéressant : les sans abris, personnes ignorés de tous, qui survivent grasse à des combines et des systèmes D, dont personne ne se préoccupe, détiennent des pouvoirs divers et influences nos vies à tous. Le Magicien traine ses démons de la guerre du Viétnam, c'est un pauvre type.

Mais j'ai trouvé qu'il n'y avait pas de rythme, beaucoup trop de longueur et de détour pour nous faire arriver à un combat final dont on se fiche un peu parce qu'on en a déjà assez.

Peut-être que mon problème a été le manque de références personnelles car le livre est très américain dans le sens qu'il touche un quotidien qui n'est pas le notre, une façon de vivre bien précise. Je ne condamne donc pas le livre en bloc.

 

alien earth.gifAlien Earth, par contre, m'a réconciliée avec la science fiction qui n'a jamais follement été mon truc.

Dans un futur pas si lontain, la Terre a été détruite à force de pollution et de maltraitance de la part des humains. Une espèce extraterrestre, les Arthroplanes, ont sauvé un petit nombre d'humains et leur a permi de coloniser deux astéroïdes, Castor et Pollux. Une nouvelle société humaine s'est créé, ultra respectueuse de la nature au point que l'espèce s'affaiblit. Les Arthroplanes maintiennent ces humains dans l'ignorance d'une énorme partie de leur propre passé sur la Terre et prétende que la planète est définitivement inhabitable.

C'est dans ce contexte que Jonh et son vaisseau, l'Evangeline, vont être engagés pour une curieuse mission qui consiste à rapporter des échantillons venant de la Terrre, afin de vérifier dans quel état est véritablement la planète.

 

Le thème est un classique de la SF et colle parfaitement au préoccupation écologique actuelle. Mais il lance aussi une réflexion sur l'excès inverse qui consiste à tout sacrifier à la nature et à vivre sans jamais laisser sa trace sur la planète que l'on occupe. Aucune recette miracle n'est donnée pour autant. Il s'agit plus de faire réfléchir que de décliner une leçon.

Au delà, on aborde aussi la question de l'aliénation des faibles par les forts, à travers les différentes espèces (Arthroplanes, Humains, Anil), sur la capacité des êtres à décider ce qui est bon pour eux-mêmes.

Il s'agit bien de science fiction mais sans tous les clichés qu'on connait. On entre plutôt dans un huis clos entre l'Anilvaiseau et ses 4 passagers (2 membres d'équipages, un passager clandestin caché par l'Anil depuis 2000 ans et un Arthroplane).  Avec l'écriture de Hobb, donc les déscriptions précises et vivantes, la psychologie finement ciselée de ses personnages.

Le message final est assez positif et plein d'espoir pour l'humanité. Sans en faire trop pour autant.

Je pense qu'il a sa place en collège comme en lycée, pour la qualité de l'écriture et le message de prévention écolo qu'il diffuse sans en faire trop.

mercredi, 26 novembre 2008

PATERSON, James, Maximum Ride : opération Angel, , Hachette, 2008

Maximum Ride.pngPATERSON, James, Maximum Ride Tome 1 : opération Angel, , Hachette, 2008

Maximum Ride ou Max pour les intimes est l'ainée agée de 14 ans d'une fratrie de 6 enfants/adolescents mutants dotées chacun d'une force surhumaine, d'une paire d'ailes et, pour certains, de quelques autres pouvoirs étonnants (savoir lire dans les pensées, influencer les gens...) : Fang (trois mois de moins que Max), Iggy (13 ans), Nudge (11 ans), le Gasman (8 ans) et Angel (6 ans).

Ils se sont enfuit de l'Ecole, le laboratoire où ils ont été conçus, il y a quelques années. Ils ont vécu tranquillement dans une maison isolée. Mais un matin, ils subissent une attaque surprise des terribles Erasers, des Hommes-Loups qui travaillent pour l'Ecole. Après une lutte acharnée, les Erasers s'en vont et emporte Angel avec eux.

Les 5 autres membres de la fratrie se promettent alors de tout faire pour sauver Angel.


Voilà un livre qui n'a surement pas besoin de moi pour bien se vendre. D'autant qu'un film est prévu pour 2010 par le producteur de X-men, les 4 fantastiques, etc.

 

Le début m'avait l'air cousu de fil blanc. Les 6 petits mutants élevés au système D par leur ainée, le personnage principale de l'ado qui voudrait vivre la vie de tout ado normal et faire des cookies avec sa maman le week end mais qui ne peut pas parce qu'elle porte de lourdes responsabilités... Ici, c'est une paire d'ailes, mais on a déjà rencontré des milliers de fois le personnage de l'adolescent complexé par une différence, quelle qu'elle soit, qui rève d'être comme les autres.

So, au bout des premiers chapitres, on se dit "Ok, ils partent à trois pour sauver Angel, les deux qui restent doivent protéger la maison, ils vont attaquer l'Ecole à trois, échouer, les deux autres vont les rejoindre, ils vont attaquer l'Ecole à cinq, réussir, récupérer Angel et le livre sera plié".

Ben en fait, non. Si on retrouve assez régulièrement le fil blanc et les clichés (les méchants sont méchants et le chef des méchants et très méchants, les scientifiques de l'Ecole sont cruels et considèrent Angel comme un animal de laboratoire, le presque père adoptif des enfants est en fait un traître, etc), on s'en éloigne quand même beaucoup.

Au final, on a un roman qui ne casse pas trois pâtes à un canard mais dans lequel on rentre facilement. L'Histoire avance à toute vitesse avec plus d'une centaine de chapitre très courts (3/4 pages) et de l'action à volonté (voir au-delà). Un peu trop sans doute car dans le dernier tiers, les ressorts commencent à s'user (je n'ai pas compté les attaques surprises des Erasers suivies d'un combat, d'une fuite, puis du questionnement auquel on n'aura jamais de réponse dans ce tome : comment font-ils pour les retrouver ?).

Quête des origines, thême de la confiance trahie, de la différence, de la tolérance, de la dignité humaine... Il y a tout de même tout ça dans ce roman de science fiction qui peut effrayer les petits lecteurs par son épaisseur mais qui se lit pourtant très facilement.

Ce n'est pas à avoir absolument mais ça peut valoir le coup. Pour voir faire une meilleure idée, vous pouvez même lire les premiers chapitres en ligne : http://www.maximumride.fr/premiers_chapitres.php